Tunisie – Abdellatif Makki a mal choisi son thème de campagne en la personne de Sonia ben Cheikh

Le brillant ministre de la Santé, le général des brigades blanches qui a su, à lui tout seul, gagner la guerre contre la Covid, Abdellatif Makki a répondu à l’ancienne ministre de la Santé, Sonia Ben Cheikh, assurant qu’elle n’a participé qu’à hauteur de 5 à 10% dans la lutte contre l’épidémie. Et que le gros du travail, c’est lui qui l’a abattu.

Makki parlait ainsi, sur le plateau de la chaîne française France 24, sachant, probablement, qu’il ne pouvait pas se permettre de débiter de telles « extravagances » sur les médias tunisiens qui ne pourraient laisser passer une telle occasion pour le remettre à sa place. Par ailleurs, le recours à une chaîne de TV étrangère, pour mener sa campagne électorale, car c’en est réellement, une, laisse comprendre que comme à leur accoutumée, les Nahdhaoui ne prêtent aucune espèce d’attention à l’opinion des tunisiens, et n’ont d’yeux qu’à leurs donneurs d’ordres étrangers ou leurs éventuels soutiens géostratégiques.

Le problème c’est que s’il a, réellement l’intention de partir en campagne, peut-être pour s’emparer de la présidence d’Ennahdha, par exemple, Makki s’est royalement trompé s’il pense faire de son prédécesseur Sonia Ben Cheikh, son thème de campagne. Car, même à l’étranger, il ne saurait se mesurer à elle. Elle qui a su laisser son empreinte, au plus haut niveau de la sphère médicale mondiale, comme l’OMS. Elle qui a, avec son équipe, su forcer le respect de tout le beau monde, en tant que principale responsable de la mise en place de l’une des meilleures stratégies anti-covid.

Quant aux 5 à 10% accordés, avec largesse, par Makki à Sonia ben Cheikh, pour sa participation à la campagne anti Covid, il ne pourrait qu’avoir raison. Puisque l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie nationale qui a forcé le respect mondial, ajouté à la commande et l’achat de tous les besoins du ministère comme matériel ou consommables, plus l’installation des filtres de contrôle à tous les accès du pays, plus la mise en branle de toute la machine sanitaire, où les personnels ont travaillé d’arrache pied et sans relâche, des semaines durant avec un système de garde de 24 heures sur 24, en plus de la formation des personnels soignants de toutes les lignes de soins, de même que l’élaboration du système de quarantaine, qui a constitué le point d’orgue de la stratégie nationale…

Tout cela, et plus encore, ne saurait, en effet, dépasser les 5 à 10% du travail. Alors que le plus gros du travail qui a consisté en des séances de prises de photos, de déplacements superflus, sans aucune utilité pour, par exemple inaugurer des services qui fonctionnaient depuis des mois, de distribution de bavettes sous l’arc de Bab Saâdoun, ou de séances de gymnastique filmées à domicile, sans parler de l’appropriation de toute l’équipe laissée en place par Sonia Ben Cheikh… Tout ceci ne saurait être moins que 90 à 95%, de la totalité du travail. Par ailleurs la partie la plus dure de la besogne, à savoir le fait de bloquer le pays, de rester chez soi, de croiser les bras et de laisser les forces de sécurité faire le boulot, a été totalement, assumée par Makki.

Maintenant que tout ceci a été dit, il devient plus qu’urgent pour Abdellatif Makki de quitter les locaux de Bab Saâdoun, pour aller voir ailleurs, car les personnels de la santé qu’il a renié et qu’il a laissé pour compte, au lieu de mettre en évidence leur travail, leur abnégation et de les en remercier, ne vont pas tarder à lui montrer qu’on ne plaisante pas avec eux, et qu’il ferait bien d’être ailleurs quand çà va « commencer » !

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