Tunisie – Affaire Nabil Karoui : Le curieux message codé de Rached Ghannouchi qui laisse supposer d’autres « pistes »

Questionné sur l’affaire de l’arrestation du candidat à la présidentielle, Nabil Karoui, Cheikh Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha, qui était à Sousse, a répondu d’une façon dont il a seul le secret: aussi floue qu’explicite.

La réplique de Ghannouchi comportait deux volets. Le premier étant que son parti et lui même sont contre toute atteinte aux partis politiques et à leurs responsables, une façon de dire qu’il va falloir laisser Ennahdha et ses leaders en paix. Le deuxième volet était une sorte de réflexion d’apparence philosophique, mais qui était bel et bien ciblé, quand il a dit qu’il y avait un temps politique et un temps judiciaire, ajoutant que sa crainte est que le temps judiciaire devance le temps politique. Insinuant clairement que l’ouverture des dossiers judiciaires des hommes et des partis politiques, devra attendre les échéances politiques et non pas les devancer. Pour le cheikh, il ne faudrait donc pas songer à ouvrir les dossiers judiciaires pour régler des différends politiques.

Or, cette « réflexion » en apparence anodine et spontanée, issue à l’instant, sans préparation, quand on la place dans le contexte général du pays et, surtout, dans le sillage des multiples promesses électorales faites par des candidats aux présidentielles, d’ouvrir les dossiers des assassinats politiques, de l’appareil secret d’Ennahdha et de celui des réseaux d’envoi des djihadistes aux zones de combats, on ressent comme un signal d’avertissement aux différentes parties pour qu’elles abandonnent ces projets, sous peine de faire prévaloir le temps judiciaire sur le temps politique. Ce qui provoquerait, certainement, des remous,qui auront les effets d’un tsunami comparé à la vague d’indignation qui a suivi l’arrestation de Nabil Karoui.

De fil en aiguille et sachant que, contrairement à ce qui se répète depuis hier, Chahed n’a pas le total contrôle de l’appareil judiciaire, puisque c’est Ennahdha qui a mis la main dessus depuis l’ère de Noureddine Bhiri. Ce qui a, d’ailleurs fait dire à certains, qu’incapable de faire bouger l’appareil judiciaire dans sa lutte contre la corruption, Chahed a dû faire appel à la justice militaire et aux décisions administratives à type de consignation à résidence surveillée. S achant aussi qu’à l’origine de l’arrestation, hier, de Nabil Karoui il y avait, bien une décision judiciaire, il serait intéressant de creuser cette piste de l’éventualité de l’implication d’une tierce partie dans cette affaire, pour faire d’une pierre deux coups et se débarrasser de deux concurrents gênants aux élections, en mettant le premier en prison et en en faisant endosser la responsabilité au second, histoire de le discréditer aux yeux de tout le monde !

A méditer !

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