Politique

Tunisie – Ahmed Nejib Chebbi : Le président se trouve aujourd’hui condamné à la paralysie …

Ahmed Nejib Chebbi a réagi sur sa page Facebook  à l’intervention du président BCE lundi soir :

Le Président a parlé. Les précautions de langage, les hésitations, voire l’irrésolution n’ont été d’aucun secours. La réponse d’Ennahdha ne s’est pas faite attendre, elle a été cinglante : la ” stabilité gouvernementale ” est au-dessus de toute considération !

Le Président de la république, élu par la majorité des tunisiens, expression de leur volonté générale, n’a pas su tenir ses promesses, ses forces se sont évanouies. Lâché par ses alliés il se trouve aujourd’hui condamné à la paralysie.

Ce qui doit nous préoccuper par-delà le discours, c’est bien l’avenir de la Tunisie. Or, de ce point de vue, le discours présidentiel n’ouvre s aucune perspective et ne mérite pas qu’on s’y arrête.

Ce qui se profile à l’horizon et doit nous préoccuper au plus haut point, c’est le retour probable au pouvoir de l’islam politique, sur fond de crise et de désaffection généralisées.

Les résultats des élections municipales sont, de ce point de vue, sans appel : Ennahdha est redevenu le premier parti malgré l’étiolement de sa base électorale (500 000 voix), vient après Nida Tounes avec 300 000 voix, puis… des miettes. Avec donc, moins de 10% des voix (le nombre des électeurs inscrits étant de cinq millions cinq cents), Ennahdha sera selon toute probabilité appelée à former le prochain gouvernement. Elle ne peut le faire cependant sans l’appoint d’un parti-croupion. Système électoral oblige.

Nida Tounes poursuit sa descente aux enfers et ne peut prétendre à quelque rôle d’importance. Ses héritiers regroupés dans la nouvelle alliance parlementaire sous l’appellation de “groupe national” aspirent à rééditer l’expérience de Nida Tounes, mais comme le disait Karl Marx : ” l’histoire se répète tout d’abord comme tragédie après comme farce.” Le rapport de force les obligera à assumer ce rôle de parti-croupion, quelques soient leurs ambitions et leurs intentions. Le consensus sera reconduit mais sous forme de tragédie, l’alternance sera renvoyée aux calendes grecques et les Tunisiens se rappelleront avec nostalgie du temps de messieurs Sayah et Ben Ali, qui eux, au moins, portaient un projet moderniste.

Ce tableau apocalyptique n’aurait pu être brossé n’eut été le repli de l’opinion : deux tiers des électeurs se sont réfugiés dans l’abstentionnisme auxquels il faudrait ajouter les 11% qui ont voté pour les indépendants, soit au total 77% des Tunisiens qui ont exprimé à l’occasion des municipales, leur désaffection et leur défiance à l’égard des partis. C’est là le cœur de la crise tunisienne et à moins de la traiter, ça sera une longue marche dans le tunnel. Pour éviter cela, il faudrait un sursaut dans l’opinion lequel ne peut venir que de l’élite.

Ça sera l’objet d’un prochain papier.

 

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