Tunisie: Ahmed Nejib Chebbi ou la gestion tribale d’un parti

Le dernier Congrès du PDP avait mené à sa fusion avec d’autres partis en prévision des prochaines élections, une fusion qui lui permettrait de ne plus accuser de pertes telles que celles enregistrées lors des élections de l’Assemblée Constituante du 23 octobre 2011.

“Des militants du parti ont, semble-t-il, été limogés et remplacés par des proches et des fidèles de l’ex-chef du parti, Ahmed Nejib Chebbi”, précise notre contact, qui a préféré garder l’anonymat en rédigeant cet article que nous publions intégralement.

Le dernier congrès du PDP tenu à Sousse les 7, 8 et 9 avril qui a abouti à une fusion avec Afek, le P.R et d’autres partis et personnalités, a vu l’ascension d’un véritable clan Chebbi aux rennes du nouveau parti nommé le Républicain.

En effet, sur les 300 places du comité central, 123 à peu près (le quota du PDP était de 156) ont été raflés par la famille Chebbi et ses alliés, et dans ces 123 places on trouve pas moins d’une douzaine de personnes de cette famille, parmi eux le Grand Patron (Ahmed Nejib Chebbi), son épouse, leur fille, son frère Issam et son épouse, son autre frère Anouar et son fils et des cousins et cousines.

A préciser tout de même que l’excuse du passé militant des Chebbi ne peut tenir le coup dans ce cas de figure, parce que s’il ne fait aucun doute que Nejib et Issam étaient de vrais militants et qu’ils avaient subis toutes les exactions du régime de Ben Ali et même celui de Bourguiba ( 32 ans de prison cumulés pour le cas de Nejib), pour les autres membres de la famille, les choses sont différentes, d’ailleurs certains d’entre eux n’ont adhéré au PDP que très tardivement, c’est-à-dire à la mi ou fin 2011 et pourtant ils ont été propulsés dans un premier lieu à des postes de responsabilité au niveau régional, surtout dans le fief des Chebbi c’est-à-dire à l’Ariana ( Mohamed Hachem Chebbi a été intronisé coordinateur de la section Ariana ville et Nawel Chebbi coordinatrice de la section Raoued, toutes les deux créés au mois de novembre 2011, en vue des prochaines élections des congressistes). Dans ce clan, on trouve aussi des fidèles qui n’ont jamais brillé ni par leurs compétences, ni par leurs indépendance ; leur seul mérité étant le dévouement total à la famille Chebbi.

Ceci a d’ailleurs abouti, à l’élection en bloc au comité exécutif ( le quota du PDP est de dix membres)  des mêmes personnes qui ont mené le PDP a la défaite cuisante du 23 octobre 2011 à leur tête le directeur de la désastreuse campagne électorale Mongi Ellouze. Ceci en faisant fi de la motion du comité central du PDP qui a suivi la défaite (validée par une majorité écrasante) et qui a épinglé ouvertement les dérives commises par cette équipe, tant sur le plan politique que médiatique et organisationnel.

D’un autre côté, des compétences inégalées telles que Moncef Cheikhrouhou, Mahmoud Baroudi, Mahmoud Smaoui ont été purement et simplement remerciées, puisque aucun d’eux, ni d’ailleurs des élus de la Constituante qui ne font pas partie du clan, n’a accédé au bureau politique du nouveau parti.

Ces élus au nombre de 11 (sur les 16 que compte le PDP) ont payé très cher leur vote en faveur de Mohamed Hamdi en qualité de Président du groupe démocratique au sein de l’ANC, face à Issam Chebbi, chose qui a été considérée comme un affront intolérable par le clan y compris par Maya Jribi, la secrétaire générale du PDP.

Avec de telles pratiques qui nous rappellent une page sombre de notre histoire, nous nous  demandons légitimement, si ce clan accédait un jour au pouvoir, est-ce qu’il ne reproduiserait pas les même dérives de la Troïka en matière de népotisme (désignation des proches aux hautes fonctions de l’Etat), voire même peut être des Trabelsi ?

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