Tunisie : Aides financières aux PME, un coup d’épée dans l’eau

Le ministre de l’Industrie et des PME, Salah Ben Youssef, a présidé, aujourd’hui jeudi 23 juillet 2020, le deuxième comité de pilotage de la prise en charge par l’Etat de la différence entre le taux d’intérêt des crédits d’investissement et le taux moyen du marché monétaire dans la limite de 3 points pour les crédits accordés par les banques et les institutions financières aux PME.

Lors de cette deuxième réunion, 11 dossiers d’entreprises opérant dans les industries diverses et les services connexes ont été présentés. Seuls 8 dossiers ont été acceptés pour bénéficier des conditions du mécanisme d’aide financière.

Ce qui attire l’attention, c’est que le ministre, Salah Ben Youssef a réaffirmé l’appui aux entreprises touchées par la crises sanitaires COVID-19 tout en précisant que l’enveloppe globale des crédits approuvés au profit des entreprises est de 16 millions de dinars dont 2.2 millions de dinars sont pris en charge par l’état. Des chiffres complètement dérisoires…

Ainsi, il est regrettable de constater que l’action du ministère de l’Industrie et des PME soit totalement décalée de la réalité de l’intensité des risques de faillite et de disparition qui guettent les entreprises en Tunisie, tous secteurs confondus. En effet, selon une étude récente de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), 30% des PME sont menacées de faillite.

L’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), a toujours exprimé son inquiétude face à la pression croissante subie par les entreprises, et le risque de faillite qu’elles encourent, au regard des lourdes charges financières et fiscales.

Une note élaborée, dernièrement, par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le ministère du développement, de l’Investissement et de la coopération internationale sur « l’Impact de la pandémie de la COVID-19 sur l’économie tunisienne pour l’année 2020 » a fait une estimation des retombées en termes de l’accroissement de la fragilité financière des PME.

Les simulations réalisées montrent que le choc de la COVID-19 accentuerait la fragilité financière de plusieurs secteurs d’activité à savoir les industries non manufacturières (-29%), le tourisme (-23%), le transport (-19.6%) et le textile (-17.7%).

D’après la note et afin d’assurer une relance économique effective et sauver les entreprises, il est urgent d’allouer une enveloppe d’appui financier direct à hauteur de 447.5 millions de dinars (soit à peu près l’équivalent de 1% du Budget de l’État).

Sous cet angle, Zouhair El Kadhi, directeur général de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a déclaré qu’au vu de la vulnérabilité sectorielle constatée, 20% des PME feraient faillite.

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