Politique

Tunisie – Après le départ de l’UPL, qu’adviendra-t-il du bloc de la « coalition nationale » ?

Après le « Top départ » donné par Slim Riahi, hier, annonçant son retrait du bloc parlementaire de la coalition nationale et révélant les dessous de la formation de ce bloc, assurant qu’il y avait l’idée de créer autour un nouveau parti politique, en vue d’opérer ce qu’il a qualifié de « coup d’Etat en douceur », est-ce que ce bloc et tout le projet vont pouvoir tenir le coup ?

La chose qu’il faudrait garder à l’esprit, c’est que la plupart des députés qui ont quitté leurs blocs et partis respectifs pour grossir les rangs de la nouvelle coalition, l’ont fait, soit par avidité du pouvoir espérant décrocher un poste gouvernemental, soit, si on en croit ce qui se murmure dans les coulisses de l’ARP, par peur des menaces et de la pression opérées sur eux  par des « parties influentes ».

Or, en scrutant le nouvel horizon de la scène politique qui se profile, aussi bien à l’intérieur du pays, qu’au niveau régional et international, il n’est pas difficile de comprendre que la donne pourrait changer et que les choses sont en train de prendre une toute autre tournure.

De ce fait, celui qui aurait choisi de rejoindre ce nouveau bloc par avidité du pouvoir, pourrait comprendre que les chances de gouverner sont, probablement, en train de changer de mains. De ce fait, sa présence au sein de ce bloc pourrait lui nuire, plutôt que lui rendre service. Ce qui fait qu’il serait, peut-être tenté d’en repartir, tant qu’il est encore temps. Quitte à passer par la case “député indépendant”, le temps de voir venir et de « faire oublier sa première défection ».

Quand à celui qui aurait été obligé de migrer vers cette coalition par peur des pressions ou de quelconques menaces, il pourrait avoir saisi le message de Slim Riahi d’hier qui  dit avoir compris que, finalement, on ne pourra plus rien lui faire et qu’il ne craignait plus les pressions auxquelles il a affirmé avoir été soumis. Le migrant qui a peur serait tenté de suivre l’exemple, d’autant plus que le poids de ce nouveau bloc n’en vaudra bientôt plus la chandelle.

Sans oublier un autre facteur de taille  qui est celui du prétexte pour lequel certains députés du nouveau bloc prétendent avoir déserté leurs formations d’origine, à savoir la coalition avec les islamistes d’Ennahdha, alors que cette nouvelle formation ne prend même pas la peine de cacher son intention de composer avec Ennahdha. Projet qui a, d’ailleurs, été confirmé par les déclarations de certains leaders du parti islamiste, pas plus tard qu’hier.

Donc, au vu de toutes ces données, il serait légitime de se poser la question de savoir si les démissions de ce nouveau bloc ne vont pas commencer à se multiplier en cascade et que va-t-il rester de ce projet, qui risque d’être « mort né » ?

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