Tunisie – AUDIO : La commission qui enquête sur le conflit d’intérêt est elle aussi en situation flagrante de conflit d’intérêt

L’avocat et activiste politique, Imed Ben Halima a assuré, ce soir, au micro de Tunisienumérique, que la commission parlementaire mise en place pour enquêter sur le dossier de conflit d’intérêt où est suspecté Elyes Fakhfekh, est elle-même, en situation de conflit d’intérêt.

Il a expliqué que suite au scandale de l’affaire qui a éclaboussé le chef du gouvernement, Elyes Fakhfekh, le parlement a décidé de mettre en place une commission parlementaire pour instruire et statuer sur la culpabilité ou pas du chef du gouvernement.

Ben Halima a assuré qu’outre le fait que ces commissions parlementaires nous renvoient à de mauvais souvenirs, puisqu’elles servent, plutôt, à enterrer les dossiers et les affaires, comme cela a été le cas pour l’agression des manifestants par les membres des LPR, le 9 avril 2012 à l’avenue Habib Bourguiba, ou encore l’agression lancée contre l’UGTT par les mêmes LPR, celle mise en place pour examiner le dossier d’Elyes Fakhfekh est doublement suspecte. Puisque pour enquêter sur un dossier de conflit d’intérêt, le Parlement a constitué une commission formée de députés en flagrante situation, eux aussi, de conflit d’intérêt.

En effet, a-t-il rappelé, quelques jours avant la révélation de ce dossier, Fakhfekh était déjà sous la pression d’Ennahdha qui voulait, à tout prix, imposer le remplacement des ministres du bloc Démocratique et de Tahya Tounes, par des éléments de la coalition Al Karama, et de 9alb Tounes.

Comme par hasard, quelques jours après, cette affaire éclate et les mêmes députés de 9alb Tounes et d’Al Karama, qui aspiraient à obtenir des postes ministériels, se regroupent dans une commission d’enquête pour juger de l’éventualité du retrait de confiance au chef du gouvernement.

Il a expliqué que, de ce fait, les membres de la commission sont, non seulement en situation manifeste de conflit d’intérêt, mais ont en plus, des intérêts personnels en jeu dans cette affaire. Puisque ils vont pouvoir négocier avec Fakhfekh, dans le sens où il accepte de les intégrer dans le gouvernement contre le classement du dossier, ou son inculpation et le dépôt d’une motion de censure à son encontre, puis intégrer le prochain gouvernement.

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Déclaration Imed Ben Hlima

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