En Tunisie, l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP) a approuvé, mercredi 3 décembre 2025, l’article 135 autorisant les agriculteurs à utiliser des drones pour pulvériser des produits sur les surfaces agricoles, afin de garantir une intervention plus rapide et plus efficace, tout en protégeant les cultures, et ce, sous réserve d’obtenir les autorisations nécessaires des autorités compétentes.
Cette bonne nouvelle aura certes un impact positif sur le secteur de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche qui représente environ 10% du PIB du pays affichant une valeur ajoutée annuelle de 3,8 à 4,8 milliards de dollars.
Certains agriculteurs ont anticipé l’officialisation du cadre légal relatif à l’utilisation des drones dans leurs activités. Au plan institutionnel, la Banque africaine de développement (BAD) avait lancé en 2018, en partenariat avec le gouvernement tunisien et le fonds économique Corée-Afrique (KOAFEC), un programme expérimental d’utilisation des drones agricoles. De plus, un programme pilote d’utilisation des drones dans le secteur agricole à Sidi Bouzid a permis de former 42 opérateurs de drones tunisiens.
L’utilisation des drones dans le secteur agricole a confirmé sa performance et l’amélioration de la valeur ajoutée agricole dans plusieurs pays. Ils apportent des bénéfices considérables en matière de surveillance, de diagnostic et d’intervention ciblée.
Les drones sont utilisés pour la télédétection et la cartographie des parcelles agricoles, l’épandage et la pulvérisation de précision et la surveillance et le suivi des cultures.
Pour un pays comme la Tunisie qui fait face au stress hydrique, les drones aident à la résilience face aux épisodes de sécheresse permettant d’optimiser l’irrigation, la fertilisation et les traitements phytosanitaires. Des études ont confirmé que les drones pour arroser les cultures pourraient utiliser moins de 20 litres d’eau pour irriguer un hectare, contre près de 300 litres utilisés avec les méthodes traditionnelles
Les drones alimentent des algorithmes de détection automatique des dégâts et améliorent la santé des cultures (incendies, déforestation illégale, maladies). Ils permettent de réduire les coûts de production, on diminue les pertes et on améliore les marges dès la première saison.
Le nouvel article adopté dans le cadre de la loi de finances 2026 permettra d’ouvrir d’autres horizons aux jeunes tunisiens à la création de nouveaux emplois à travers le recrutement d’opérateurs de drones. Pour cela, des formations courtes et ciblées peuvent faire émerger rapidement des profils comme opérateurs de drones.
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