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Tunisie – C’est quoi cette cacophonie ? Que veut cacher Ennahdha ?

Tunisie – C’est quoi cette cacophonie ? Que veut cacher Ennahdha ?

Aux dernières nouvelles, il y a eu une expédition « Ghazoua » salafiste contre le district de police cet après midi à Sfax.
Cette action s’est achevée comme cela avait été programmé par ses organisateurs, en queue de poisson, avec des affrontements, les gourdins d’un côté, et les matraques et le gaz lacrymogène du côté en face. Il y a même eu un gosse qui a été transporté à l’hôpital pour intoxication aux gaz irritants, utilisés à outrance.
Et tout çà pourquoi ? Eh bien tout simplement parce qu’ils (les assaillants) l’ont voulu.
Au début, et juste après la prière du vendredi, il y a eu un attroupement d’éléments salafistes devant le district de police du centre ville de Sfax. Au départ, rien ne laissait deviner l’évolution des choses. Mais le temps passant, les rangs du groupe enflaient avec l’arrivée de renforts, et tout le monde criait à qui mieux-mieux. Et il y en avait de tout. Il y avait celui qui voulait rappeler une vieille histoire de trafic de la gestion des « zones bleues » (zones de stationnement de voitures payant). D’autres criaient à s’époumoner, pour dire que le cercueil mis en terre le 7 février au Jellaz ne contenait pas la dépouille de Chokri Bélaïd, un autre affirmait que ce dernier était encore vivant. Il y avait même un groupe qui criait sa haine contre la femen parisienne qui avait brûlé le drapeau salafiste devant la grande mosquée de Paris, et qui exigeait réparation…
Bref, un pot pourri de tout ce que pouvaient générer des cervelles pétrifiées et débiles. L’essentiel, apparemment, c’était de faire un maximum de bruit, et de provoquer les agents de l’ordre en vue de rentrer en confrontation avec eux.
Et c’est finalement ce qui s’est passé, avec à la solde, une douzaine d’arrestations dans le rang des salafistes, des gens qui passaient par hasard par là, qui se sont retrouvés asphyxiés aux gaz, avec en prime un tas de bleus, d’ecchymoses et de bosses de tout genre.
Sachant que les salafistes de Sfax sont d’habitude, bien encadrés, et tout le monde sait par qui. Sachant d’un autre côté, qu’ils sortaient directement de la grande prière, où ils ont certainement été montés à bloc, par le prêche de qui on imagine. Il serait intéressant de se poser la question de savoir à quoi çà rimait, et dans quel but a été organisée cette « ghazoua » ?
Il est évident que tout tourne, ces derniers jours, autour d’une guerre de communication. Le gouvernement orientant comme il le pouvait le débat national vers des sujets débiles de diversion, comme la vague des viols, la série d’accusations d’harcèlement sexuel, de reprise de vieux dossiers judiciaires, de mise en arrestation de personnes qui ne s’y attendaient guère, de motions de censure, de vote pour la constitution de l’instance judiciaire, d’achèvement de tri des candidatures pour l’ISIE… tout a été dit, tout a été tenté, pour noyer un poisson. Mais, au fait, quel poisson ?
Pourtant, de l’autre côté, le front populaire, a bien tenté, à plusieurs reprises, de recadrer le débat autour des derniers développements de l’enquête sur le meurtre de Chokri Bélaïd, et d’attirer l’attention de l’opinion publique sur les manœuvres qui ont entouré l’enquête et la conduite de l’instruction, tel des témoins qui ne sont pas entendus, un ministre qui refuse de répondre à une invitation à comparaitre, une certaine voiture appartenant à une société de telle pays du golfe, géré par une personne membre d’un tel parti politique…
Serait-ce çà le poisson que voudrait noyer le gouvernement en provoquant une telle cacophonie qu’un type sensé ne peut plus s’y reconnaitre ni entendre aucun message aussi important soit-il ?

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