Politique

Tunisie : Chahed (III) aura perdu du poids, beaucoup de poids

4 contre 5. Soit. Mathématiquement, Youssef Chahed est tiré d’affaire.  Mais parmi les quatre, il y a tout de même Nida. Ce qui n’est pas peu. On explique : Nida est le parti politique dont est issue l’actuel chef du gouvernement. Celui-ci a même battu les pavés pour porter haut les couleurs de son parti aux municipales. Or, aujourd’hui, ingrat, son parti vient de le lâcher. Royalement et ostentatoirement.

Une question s’impose dès lors : quelle crédibilité aura demain Youssef Chahed, au cas où il persisterait à vouloir rester « aux commandes » et qu’en haut lieu l’on daigne le reconduire ? Jamais chef de gouvernement n’a dû se sentir humilié autant que Youssef Chahed.  Le mot est peut-être fort mais que peut ressentir, sinon de l’amertume et de l’humiliation, une personne dont le sort est depuis bientôt un mois entre les mains  de quelques prétendus experts réunis à huis clos sans lui ? Une personne qui de fait se trouve réduite à la posture de celui qui écoute aux portes, constamment à l’affût des bruits de couloirs et des indiscrétions ? Terrible sentiment quand c’est de votre propre sort qu’il s’agit et que de plus, vous apprenez que votre propre famille vous banni, vous rejette et qu’elle ne veut plus de vous. Même Habib Essid n’a pas connu un tel supplice, pourtant jusque-là encore cité, à tort, en exemple du docile grand bouc émissaire du consensus politique à la tunisienne. A tort, parceque contrairement à son successeur, Habib Essid n’était ni “nidaiste” ni autre chose et n’avait aucune grande ambition personnelle.

Le chef du gouvernement choisira-t-il de prendre l’ingratitude des siens en patience, et de partir la tête haute, mais en catimini ou de s’exposer à une désapprobation orchestrée, soit une humiliation devant l’Assemblée à l’image de son prédécesseur Habib Essid. Il lui appartient de décider…

Au cas où il déciderait de s’accrocher, il devra être conscient que l’humiliation jusque-là subie et supportée n’est qu’un avant-goût du grand supplice qu’il va probablement endurer jusqu’en 2019… Amoindri, fragilisé, vidé il va devoir, à son corps défendant, savoir bien jongler entre tous les partenaires du Document de Carthage, ou ce qui en restera, pour s’accommoder de leurs instructions dans la conduite des affaires d’État et faire fi d’une constitution, devenue caduque.

 

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