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Tunisie : Comment parler aux enfants du terrorisme?

Aujourd’hui, même pour les adultes, il n’est pas évident de maintenir une vision positive du monde dans un contexte difficile. Nous devons aider nos enfants à vivre dans ce nouveau monde.

Durant ces dernières années post-révolution, les tunisiens ont perdu un sentiment vital: se sentir en sécurité.

Hier soir, le 29 octobre, les informations et les images de l’attentat perpétré par une kamikaze sont rentrées dans toutes les maisons à travers un téléviseur, une radio, un ordinateur et ou via un smartphone.

Il est impossible de protéger complètement nos enfants et cela n’est plus nécessaire: en les privant du droit de savoir ce qui se passe autour d’eux, nous risquons non seulement de créer une image déformée du monde, mais également de mettre leur vie en danger.

Les contenus les plus nocifs pour nos enfants sont les reportages télé. Il est difficile pour un jeune enfant de s’abstraire du reportage vidéo et de réaliser la frontière entre ce qu’il voit à l’écran et sa vie quotidienne. Par conséquent, dans les moments particulièrement difficiles, il ne faut pas regarder les programmes d’information avec les enfants. En ne regardant que l’évolution de la situation à la télévision, les enfants peuvent  devenir des victimes secondaires.

Il existe une relation directe entre la géographie des attaques terroristes et le nombre de victimes secondaires. Plus un événement se rapproche de chez nous, plus l’effet psychologique qu’il produit est puissant. Cependant, cette règle ne s’applique pas qu’aux adultes: s’il s’agit d’enfants, ce n’est pas si important pour eux de savoir exactement où l’attaque a eu lieu, chez nous en Tunisie, ou en France, par exemple,  cette information est toujours perçue péniblement.

Il est important d’indiquer clairement à l’enfant qu’il y a peu de terroristes puisque leur nombre est insignifiant par rapport à la masse des gens ordinaires et que leurs actions ne les visent pas. Il est important d’expliquer à l’enfant que, pour nous intimider, les terroristes choisissent des lieux et des dates spécifiques. En fait, le nombre de personnes qui subissent des explosions ou des prises d’otages est incomparable avec le nombre de ceux qui meurent, par exemple dans un accident de voiture. Mais en même temps, personne n’a peur de monter dans la voiture ou dans le bus. Si nous sommes des gens raisonnables, nous ne prendrons pas la voiture avec un conducteur ivre. En d’autres termes, il est bon que l’enfant réalise dès que possible que, pour sa propre sécurité, certaines règles doivent être suivies et que, dans la plupart des cas, ce principe s’applique également aux terroristes.

La probabilité de devenir un témoin oculaire d’une attaque terroriste est encore relativement faible, mais l’enfant doit connaître les procédures de comportement dans toute situation dangereuse, qu’il s’agisse d’un incendie ou d’une attaque terroriste. Des compétences pratiques l’aideront à se sentir plus en confiance en cas de rencontre dangereuse. De plus, il est important que l’enfant comprenne qu’il existe un moyen de s’en sortir de pratiquement toutes les situations difficiles: ces connaissances sont très mobilisatrices. Un autre point important est de préparer un enfant à l’aide, y compris émotionnelle, pour ceux qui se trouvent à proximité. Cela  le détournera de ses propres émotions et de sa peur et créera un esprit de communion.

Si un enfant a vu les informations sur un acte de terrorisme et vous pose des questions, il est nécessaire d’en parler. Il est préférable de répondre à ses questions spécifiques: l’enfant lui-même vous dira ce qu’il est important pour lui de découvrir immédiatement. Ça sera bien, si l’événement devient le sujet d’une discussion en famille. L’enfant comprendra qu’il n’est pas le seul à s’inquiéter et que les adultes, partageant ses sentiments, ont néanmoins une relation calme et efficace face à cette situation. Il est nécessaire de prendre en compte les particularités de l’âge: jusqu’à cinq ans, les enfants sont à peine capables de comprendre ce qu’est la terreur. Par conséquent, il est possible de ne pas séparer dans la conversation des concepts tels que “terrorisme” et “guerre”. On peut dire, par exemple: “Les méchants ont fait la guerre”.

Pour les enfants de six ou neuf ans, des explications détaillées peuvent également être superflues. Il est donc préférable de discuter, à travers le jeu, des actions qui seront correctes dans une situation critique et de celles qui ne le seront pas, en se concentrant précisément sur le côté pratique des choses.

Pour les adolescents c’est différent: ils ont déjà un sens des responsabilités envers eux-mêmes et leur entourage. Ils ont donc besoin de comprendre l’essence de ce qui se passe. Avec un enfant de 11 à 15 ans, il est utile de parler des causes et des objectifs du terrorisme, des différentes formes d’actes terroristes. Un adolescent est capable de prendre des décisions en toute indépendance. Il est donc très important de définir différentes stratégies comportementales en cas d’affrontement direct avec des terroristes.

Le plus important pour nos enfants, c’est notre propre comportement : les adultes doivent avant tout faire attention à eux-mêmes. Après tout, nous infectons inconsciemment nos enfants avec nos propres peurs. Comprenez ce qui vous inquiète et analysez votre attitude face à ce qui se passe. Si vous parvenez à faire face à vos angoisses, il se peut très bien que vous n’ayez pas besoin d’autres efforts. L’enfant adoptera votre vision positive du monde et apprendra à profiter de la vie, peu importe les circonstances.

Source : www.psychologies.ru

 

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