Economie

Tunisie – Conjointure : maîtrise de l’inflation et du soutien au pouvoir d’achat

    Après une période de hausse des prix, la Tunisie connaît un net ralentissement de l’inflation, porté par une conjoncture économique plus favorable et par les effets différés de la politique monétaire et budgétaire.

    Les derniers mois marquent un tournant dans le cycle inflationniste qui avait impacté l’économie nationale durant une période relativement étendue. La décrue observée de l’indice des prix à la consommation est remarquablement sensible, selon les chiffres récents de l’Institut national de la statistique (INS) et traduit clairement la conjonction de facteurs externes et internes, dont les effets conjugués ont permis un rééquilibrage progressif des prix.

    Facteurs de stabilité

    Au plan international, le reflux des prix des matières premières, en particulier ceux des produits énergétiques et des denrées alimentaires, a joué un rôle modérateur important. On note, à cet effet, en particulier que les prix mondiaux des produits de base et de l’énergie, en baisse soutenue ont contribué à détendre les coûts de production.

    Sur le marché domestique, les prix des produits alimentaires à prix volatils – longtemps moteur de l’inflation – ont enregistré un certain ralentissement du rythme de la progression de leur prix après des hausses spectaculaires. Cette baisse se reflète dans une contribution négative à l’inflation globale. L’amélioration des conditions climatiques a également favorisé la reprise de certaines productions agricoles ce qui a permis d’atténuer les pressions saisonnières sur les marchés.

    La baisse de l’inflation est également attribuable aux effets décalés du desserrement monétaire qui a visé à contenir les tensions inflationnistes. Le desserrement progressif du taux directeur a limité les dynamiques de crédit et encouragé la stabilisation des prix à moyen terme.

    Maintenir la dynamique de ralentissement

    Dans ce contexte, l’INS a annoncé que l’inflation en Tunisie s’est établie à 4,8% en janvier 2026, marquant une légère amélioration par rapport aux 4,9% enregistrés le mois précédent. Cette évolution modeste témoigne d’une tendance au ralentissement des prix qui s’inscrit dans la continuité de 2025, année où le taux annuel était redescendu à 5,3% après avoir atteint 7% en 2024.

    Toutefois, le secteur alimentaire reste la principale source de tension avec une hausse annuelle de 5,9%. Les fruits frais ont évolué de 17,8%, l’agneau de 16,1%, tandis que le bœuf et le poisson affichent également des progressions supérieures à 10%.

    Dans ce tableau, une note d’espoir apparaît néanmoins. Les huiles alimentaires ont enregistré une chute de 12%, permettant d’atténuer l’impact des hausses sur les autres denrées. Cette baisse significative offre un certain soulagement aux consommateurs.

    Au-delà de l’alimentation, d’autres secteurs affichent des évolutions contrastées. L’habillement et les chaussures ont connu une augmentation de 9,1% sur l’année. Les services de restauration et d’hôtellerie, après avoir enregistré des hausses importantes en 2025, montrent des signes de modération, ralentissant leur progression au cours des derniers mois.

    Les autorités tunisiennes affichent leur volonté de maintenir cette dynamique de ralentissement en 2026. Le gouvernement table sur une inflation stable autour de 5,3% pour l’ensemble de l’année, misant sur le soutien à la production nationale et l’amélioration des circuits de distribution. La numérisation des systèmes de suivi fait partie des outils envisagés pour mieux maîtriser l’évolution des prix.

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