Politique

Tunisie – Des élections qui ont autant gâché le paysage politique, ont-elles, toujours, lieu d’être ?

S’il y a une chose qui a contribué, de façon aussi insidieuse qu’incontestable, au pourrissement de la situation du pays et à la déchéance du paysage politique, en Tunisie, ce sont bien les élections municipales en préparation. En effet, mine de rien, ces élections ont tout faussé dans la gestion actuelle des crises qui secouent la scène politique. C’est la conséquence attendue d’avoir livré le pays à des hommes politiques plus intéressés par les échéances politiques que par leur travail de gestion des affaires de l’Etat. C’est, aussi, la conséquence d’avoir délaissé les compétences du pays, au profit de politiciens affamés de pouvoir.

Car à l’approche des échéances électorales, tous les acteurs politiques du pays veulent paraître sous leur meilleur visage, si seulement ils en avaient un, et veulent donner l’impression aux citoyens d’être les mieux adaptés à la tâche. Or, comme la tâche, justement, n’est plus en ce moment, dans l’intérêt du citoyen, les politiciens rivalisent de critiques et de remarques contre le système mis en place et leurs discours sont truffés de mensonges à travers lesquels ils espèrent satisfaire un maximum de citoyens.

L’exemple type de l’absurde de cette situation est la crise de l’enseignement. Une crise qui a bloqué le pays et mené le gouvernement, ainsi que ses partenaires sociaux, dans une impasse de laquelle il sera difficile de sortir. Face à cette crise étouffante tous les partis politiques se sont abstenus d’intervenir, voire même de donner un avis. En réalité, ils ont peur d’intervenir. Ils auraient bien aimé se caser du côté du droit et dire leurs quatre vérités aux leaders de l’UGTT  gagnant ainsi la sympathie et plus, des parents d’élèves.

Ils se seraient probablement dit, que cette sympathie ne valait pas la peine de se mettre à dos les sbires de l’UGTT, ce qui ne leur faciliterait pas la vie, plus tard. Certains ont même osé franchir le pas de se positionner du côté des syndicalistes, accusés d’avoir pris en otages leurs enfants, espérant gagner quelques milliers de voix, car ils se sont dit, que de toutes les façons, l’issue de cette crise reste incertaine, donc, autant profiter de l’aubaine et grignoter de nouvelles parts d’électorat. Les syndicalistes de même que les enseignants ne sont-ils pas, en définitive, des électeurs ? Et puis, on ne sait jamais, avec ce gouvernement qu’on dit en déperdition de vitesse, ne serait-il pas opportun de se faire des soutiens à droite et surtout à gauche ?

Il est, donc, évident que le silence des partis et des hommes politiques, vis-à-vis du problème de la grève des enseignants, est plus que coupable. Il aura, au moins, contribué à maintenir la crise et à l’alimenter.

Car les hommes politiques, en ces temps, ne portent aucun intérêt aux conditions générales du pays et encore moins à ceux des pauvres citoyens. Leurs seules préoccupations vont vers leur intérêt personnel, qui dépend, lui, de leur score aux prochaines élections. Donc, au diable les citoyens, leurs enfants et leurs problèmes! Pourvu qu’on ne leur pose pas trop de questions sur ce sujet brûlant, de peur de perdre leurs éventuelles chances à ces satanées élections.

C’est à se demander s’il valait la peine d’organiser des élections, vu le mal qu’elles ont déjà causé au pays, sans oublier, bien sûr, qu’elles ne seront pas dénuées de tout risque, notamment celui d’attentat terroriste, dont on aimerait bien se passer, en ce moment délicat de démarrage de la saison touristique.

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