Politique

Tunisie – Discours de contre-offensive de Youssef Chahed sur Al Wataniya

Le chef du gouvernement s’est adressé, ce mardi soir, aux tunisiens par le truchement de la chaine nationale de TV, Al Wataniya 1.

Il a commencé son discours, en étant, manifestement, sous tension. Il a dit qu’il s’était abstenu d’intervenir, durant toute cette période, pour ne pas en rajouter, mais que, désormais, que le document de Carthage a été suspendu, il était de son devoir de parler et de donner des clarifications.

Il a tenu, au début, à rappeler que son gouvernement a, malgré tout, beaucoup de réussites à son actif, notamment sur le volet de la lutte contre le terrorisme, ou celui du tourisme, qui redémarre, ainsi que la réussite des premières élections régionales. Il a précisé que le dernier taux de croissance de 2.5% enregistré dernièrement est source d’optimisme.

Chahed a, cependant, reconnu que la situation demeurait plus que critique, et que le travail du gouvernement n’a pas été uniforme sur tous les niveaux, et que c’était pour cela qu’il a opéré une évaluation objective des membres de son équipe, et qu’il va entreprendre quelques rectifications.

Il a assuré que ses priorités demeurent la situation économique, le pouvoir d’achat, et la ressaisie du Dinar. Il promet, donc de s’y atteler, en particulier, les réformes des caisses sociales, les salaires…

Après ce bref aperçu de ses « réussites », Chahed est passé à l’essentiel de son intervention, à savoir la contre-offensive, ciblant ses détracteurs, Hafedh Caied Essebsi, à leur tête.

Chahed a, dans ce sens rappelé que son seul souci reste l’intérêt national, et nullement, comme le prétendent ses détracteurs, les échéances de 2019. Il a assuré que son seul agenda demeure l’intérêt de la Nation, autour duquel il appelle tous les sages, et toutes les forces vives du pays, à se regrouper. D’autant plus que la Tunisie va, incessamment, solliciter les bailleurs de fonds internationaux, pour des emprunts, et que la crise actuelle est de nature à compliquer les négociations. Chahed a eu, le tact de « saluer » la sagesse du président de la République, pour ses choix qui ont épargné à la Tunisie, le pire. Il a déploré que le tunisien ne croit plus en la politique et les politiciens, et qu’il est dégoûté de la bassesse du discours de ces politiques.

Il a reconnu que le pays était en crise, mais il a précisé que la crise provenait de Nidaa Tounes, le parti auquel il appartenait, mais qu’il ne reconnait plus, actuellement. Chahed s’est alors, lâché contre Hafedh Caïed Essebsi l’accusant d’avoir détruit le parti, pour ses propres aspirations, et que la sanction a été immédiate, notamment lors des élections partielles en Allemagne et les élections municipales. Il ajoute que HCE est en cause du départ de la plupart des cadres du parti.

Chahed a expliqué qu’il en parlait aujourd’hui, non pas par simple médisance, mais parce que la crise de Nidaa Tounes a débordé sur le travail du gouvernement, et a constitué une source importante de la crise actuelle, dans le pays.

Chahed a clôs son discours par un appel solennel aux forces vives du pays, pour se lever et rester debout, pour la Tunisie. Tiens ? Un appel ? Quelle coïncidence… Ne dit-on pas, en arabe, Nidaa à propos d’appel ?

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