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Tunisie – Djerba : A qui profite le crime ?

Tunisie – Djerba : A qui profite le crime ?

Généralement, quand crime il y a, il y a toujours, un criminel, avec un mobile valable qui le pousse à exécuter son forfait. Quand il y a un doute sur l’identité du criminel, ou quand le mobile est insignifiant et ne parait pas justifier l’acte, les enquêteurs se rabattent sur une autre piste d’investigation, à savoir, rechercher à qui profiterait le crime. Généralement, cette piste oriente d’office sur la personne susceptible plus que quiconque d’avoir exécuté, ou du moins, commandité le forfait.

Ce qui s’est passé hier samedi à Djerba a été unanimement qualifié de crime par toute la classe politique et par toutes les franges de la société. Ce crime a été d’emblée attribué à certaines parties, en se basant sur des bribes de raisonnement, ou sur une barbe hirsute par là, un kamis flottant dans le vent par ci ou sur un fanion noir brandi par de jeunes imberbes…

Essayons de revoir ce qui est ressorti des évènements, et qui a gagné quelque chose à tout cela.

Ennahdha est sortie avec l’image de l’ogre qui est prêt à tout broyer, surtout ceux qui oseraient se dresser contre lui.

Les LPR ont acquis leurs lettres de noblesse, désormais définitivement répertoriées dans le catalogue des organisations terroristes sanguinaires et de milices payées par le pouvoir en place.

Le ministre de l’intérieur a écopé de l’image d’un type qui court derrière des intérêts partisans, quitte à balancer la sécurité des tunisiens et, à la limite, permettre des crimes de sang.

Les policiers ont été définitivement qualifiés de lâches et de traitres, à tel point que tout le monde trouvait normal d’exiger une protection de l’armée par défaut de confiance en les agents de l’ordre.

L’armée a grimpé en grade à cette occasion et s’est confortablement installée dans le siège de garant de la sécurité perdue et seul rempart possible contre la violence galopante.

Marzouki, en tant que chef suprême des forces armées a pu réitérer son exploit du temps de l’attaque de l’ambassade américaine en ordonnant le sauvetage et l’évacuation des assiégés. Il a, de ce fait assuré dans son rôle de sauveur suprême.

Nidaa Tounes, la victime désignée de ces évènements, sort, paradoxalement, de cette mésaventure, renforcée. Elle a gagné la sympathie de tout le monde. Même ses concurrents politiques ont volé à son secours et ont formellement condamné cet épisode « de trop ». Nidaa Tounes a profité de cette gabegie pour déclarer son intention d’attaquer le parti au pouvoir devant des instances judiciaires internationales. La formation a, surtout, pu convaincre tout le monde, à l’intérieur comme à l’étranger, qu’elle se positionne actuellement en seule force politique capable de faire le contrepoids des partis au pouvoir. En d’autres termes, elle se positionne en « solution de sortie de crise ».

Alors, à qui a profité le crime ???

C’est réellement à ne plus rien comprendre à rien ! Ce raisonnement à l’air de ne conduire nulle part, sauf peut être à nous flanquer une migraine carabinée !

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