Tunisie – Élections 2014 : A quoi joue l’ISIE ?

On n’entend plus que çà : Les tunisiens ne se bousculent pas devant les bureaux d’inscription aux prochaines élections.
Chafik Sarsar en fait, même, un ramdam et migre de plateau en plateau faisant l’étonné, le tombé des nues, qui ne comprend pas ce qui n’a pas marché, et pourquoi le tunisien délaisse son droit électoral.
Pourtant c’est très simple ! Et le président de l’ISIE (pas si « I » que çà, apparemment), est aux premières loges, en principe, pour comprendre ce qui n’a pas marché et ce qui s’est passé.
Il  y a certes le dégoût profond qu’a acquis le tunisien, de tout ce qui a trait à la politique et aux politiciens, surtout la classe politique actuelle qui se démène devant lui, se bagarrant pour un siège, se bagarrant pour une tête de liste, se bagarrant pour un avantage… Mais jamais pour prendre la défense du citoyen, ce qui devrait être la mission princeps de tout politicien qui se respecte.
Mais, le trop faible taux d’inscription des tunisiens aux prochaines élections dépasse ce dégoût et trouve ses origines là où le président de l’ISIE ne semble pas vouloir regarder, et pour cause !
Car, tout le monde a compris, et depuis belle lurette que le principal enjeu des prochaines élections, ne sera pas le taux de participation, ni le nombre de candidats, ni celui des partis, tout microscopiques qu’ils soient… L’enjeu sera, précisément, le taux d’abstention !
En effet, pour faire le bonheur d’un certain parti, dont les membres et partisans sont tellement disciplinés qu’ils ne se feront pas prier pour courir s’inscrire et pour prendre d’assaut les bureaux de vote le jour « J », il suffisait, certes, en 2011, de jouer sur la division du reste des voix sur une nuée de partis de façon à les disperser et les noyer dans la nature. Mais en 2014, la donne a changé. Il y a, désormais le « risque » que les voix démocrates s’unissent autour d’une formation ou d’une personnalité quelconque, bien que ce risque semble très, mais alors là, très loin de pouvoir se réaliser. Donc, en face du nombre fixe et désormais arrêté des partisans de ce parti qui cherche l’hégémonie, il ne devra y avoir que… LE NEANT.
Et pour obtenir ce néant, rien de tel que de pouvoir s’appuyer sur quelques éléments « fidèles » au sein d’une ISIE supposée être indépendante. Ces éléments, et mine de rien, s’assureront de créer le néant en face de leurs « bienfaiteurs ». Et pour ce faire, on pourrait compter sur le dégoût du tunisien de tout ce qui est politique et politiciens, mais cela ne saurait être suffisant. Il faudrait, en plus, faire de sorte que la campagne d’inscription aux élections soit un fiasco. Et c’est justement le cas !
Comment « on » y est arrivé ? Et bien, c’était simple. Simple et diabolique à la fois. Comme c’est l’été, et comme c’est Ramadan, et comme on est en pleine phase finale de la coupe du monde… il suffisait de laisser le tunisien s’endormir sur ces « faits » et ne pas tenter le diable en le réveillant à coups de campagne de sensibilisation tonitruante. On comprend, donc, pourquoi, cette fois-ci, le budget de la communication et de la publicité pour sensibiliser les citoyens à s’inscrire aux élections ait été divisé par trois par rapport à la fois précédente. Du coup, les quelques misérables supports (assez fades, du reste), qui ont été diffusés seront rapidement, et totalement, noyés dans les spots publicitaires des yoghourts et autres délices et péchés mignons des tunisiens en période de Ramadan.
Résultat des courses, et avec un budget de communication réduit de 3 millions de dinars en 2011, au tiers, cette fois-ci, personne n’a été motivé ni sensibilisé pour aller se faire inscrire, car personne n’a saisi la réalité des enjeux et l’importance accordée par quelques uns, à son abstention et à celle de ses semblables.
C’est tellement bien joué et bien orchestré, que le tunisien continuera à dormir sur ses lauriers, et aussi bien en Tunisie, que de l’étranger, on n’y verra que du feu. Et attendons-nous à une victoire écrasante et foudroyante d’un parti qui sait mobiliser ses inconditionnels partisans, aussi peu nombreux qu’ils soient.
Donc, voilà ! Mais sinon, continuons à somnoler, et bonne sieste !
Et de grâce, Monsieur Sarsar, ne vous posez plus des questions pour essayer de comprendre pourquoi les tunisiens ne veulent pas s’inscrire aux élections ! De grâce, vous semblez beaucoup plus intelligent que çà !

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