Tunisie – Ennahdha va-t-elle rétropédaler pour éviter le pire ?

Le chef du gouvernement, soutenu par le président de la République, est en train de manœuvrer avec maestria, sa sortie de la crise provoquée par Ennahdha et les dossiers judiciaires qu’elle s’entête à ouvrir à son encontre.

De son côté, le président de la République a révélé, surtout, aux dirigeants d’Ennahdha, les mensonges de leur cheikh, Rached Ghannouchi qui, pour forcer leur décision, hier, au conseil de la Choura, avait prétendu qu’il avait l’accord du président pour destituer Elyes Fakhfakh. Une révélation qui a, énormément, ébranlé l’image et la crédibilité du Cheikh auprès des siens. Ce qui a abouti à renforcer une tendance déjà existante à la scission au sein du parti.

Fakhfakh, quant à lui, a continué dans le même sens du travail, en poursuivant dans le sens de diviser les nahdhaouis, en un clan inconditionnel du Cheikh Ghannouchi, et un autre qui commence à en avoir assez de ses frasques, qui commencent à faire, sérieusement, du tort au parti.

C’est ainsi que dans son projet de remaniement ministériel annoncé il y a quelques heures, Fakhfakh serait tenté de ne se séparer que de trois ministres d’Ennahdha, en l’occurrence, ceux des transports, du sport et de l’équipement. Il semble vouloir se séparer des ministres inconditionnels du Cheikh et qui ne jurent que par son nom, et garder dans son équipe les autres ministres nahdhaouis, dans une sorte de message adressé aux partisans d’Ennahdha, dans le sens où il ne fait, de nos jours, pas bon d’être très proche de Ghannouchi.

Ce projet de Fakhfakh comporte, toutefois, une grande inconnue, à savoir si les ministres nahdhaouis qu’il désirerait garder avec lui, vont être d’accord pour ce principe, ou vont-ils se conformer aux ordres de la confrérie et claquer la porte du gouvernement.

Sur un autre plan, la balance de la force semble pencher du côté opposé à Ennahdha, et aller à l’avantage de Saïed et Fakhfakh, dans lequel cas, les dirigeants d’Ennahdha commencent à craindre pour leur enseigne, car ils risquent, tout bonnement, de se retrouver au ban de la scène politique, et réduits à se replacer dans les rangs de l’opposition. Sachant que tel que çà se présente, ils ne seront pas suffisamment nombreux, sous le dôme du Bardo, pour faire aboutir leur motion de censure à l’encontre de Fakhfakh, avec leurs voix, conjuguées à celles d’Al Karama, et de leurs indéfectibles alliés du 9alb Tounes, qui ont, pourtant, soit dit au passage, construit toute leur campagne électorale autour du sujet de l’exclusion des islamistes.

Il ne serait, donc, pas exclu qu’on assiste les prochains jours, à une opération de rétropédalage des nahdhaouis, en rapport avec leur projet d’éjecter Fakhfakh, en attendant, bien sur, des jours meilleurs.

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