Economie

Tunisie : Des exemples d’aberrations de la loi de finance 2018

Les tunisiens semblent pour une fois unanimes à condamner le projet de la loi de finance 2018. Le projet de loi semble simplement répondre maladroitement aux exigences du FMI en maquillant les chiffres, en avançant des suppositions illogiques et sans aucune cohérence avec la politique économique tunisienne.

La loi de finance a supposé que durant l’année 2018 :

1-    Un dollar sera égal à 2,6 dinars alors qu’actuellement il est environ à 2,5 dinars

2-    Un euro sera égal à 3,05 dinars alors qu’actuellement il est environ à 3 dinars

3-    Le prix du baril de pétrole sera à 54 dollars alors qu’actuellement il est à 53 dollars et que les institutions internationales prévoient qu’il dépassera les 60$

4-    Un taux de croissance en 2018 de 3% alors que la Tunisie a réalisé seulement 1,9% le premier semestre 2017 et espère faire 2,2% en 2017

5-    Un objectif de 4,9% en 2018 pour le déficit budgétaire alors qu’en 2017 l’objectif était de 5,4% alors que réellement le déficit va dépasser 6,1%

Depuis 2016, la Tunisie avait fait le choix de baisser les droits de douane pour contrer l’économie informelle. Cette politique semble donner de bons résultats puisque le consommateur se dirige de plus en plus vers l’économie formelle. Mais, et afin de remplir les caisses de l’état, la nouvelle loi de finance va casser cette stratégie et veut augmenter les droits de douanes et la TVA. Ces mesures sont un vrai cadeau aux barons de l’économie informelle.

Toujours avec le seul objectif d’avoir plus d’argent et au lieu d’aller les chercher dans les niches de la fraude fiscale, les impôts sur les personnes et les entreprises ont été augmentés. Et les incitations à d’investissements ont été révisées à la baisse. On se retrouvera alors :

1-    Avec la crise et la pression fiscale, les chiffres d’affaire des entreprises vont baisser. Donc moins d’argent de l’impôt pour l’état même avec les nouveaux taux.

2-    Moins de croissance pour les entreprises donc moins de recrutements et plus de chômage.

3-    Les prix dans l’économie formelle vont augmenter (augmentation des droits de douane, TVA …)

4-    Le pouvoir d’achat des ménages va diminuer, le citoyen sera plus motivé d’aller vers l’économie parallèle qui sera moins chère. (Au moins les prix seront inférieurs de 30% entre droit de douane et TVA ; de l’argent qui n’entrera pas dans les caisses de l’état).

5-    L’inflation va pousser l’UGTT à défendre le pouvoir d’achat des travailleurs ce qui représente une menace de tensions sociales.

6-    Les investisseurs seront moins motivés avec l’instabilité fiscale de Tunisie et les risques des crises sociales.

 

Ce projet de la loi de finance démasque la vision court-termiste de ce gouvernement et représente un vrai cadeau pour l’économie informelle et ses barons.

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