Tunisie – Face au chaos politique, le robinet des crédits extérieurs serait probablement fermé

Lundi 20 juillet, l’agence de notation internationale Moody’s a publié une note d’information financière dans laquelle elle a annoncé que la démission du Chef du Gouvernement, Elyès Fakhfekh et l’impasse politique qui en découle augmentent les risques de manque de liquidité et la probabilité du blocage du processus d’octroi des crédits à la Tunisie par ses principaux bailleurs de fonds.

Selon la note, la situation dans le  pays évolue négativement et ne permet pas de maintenir le rythme requis d’obtention des crédits extérieurs nécessaires à la préservation des équilibres des finances publiques. Moody’s a précisé que des consultations prolongées sur la formation du gouvernement, ou un recours à des élections retarderaient les négociations d’ un nouveau programme de soutien du Fonds monétaire international (FMI).

L’adoption de ce programme est essentielle, d’après l’agence de notation, pour garantir un accès continu aux sources de financement bilatérales et multilatérales qui couvrent environ la moitié des besoins de financement bruts de la Tunisie, soit 14 % du PIB.

Moody’s enfonce le clou et lance un signal clair aux bailleurs de fonds afin de mesurer convenablement le risque du crédit extérieur tunisien en soulignant, en outre, dans sa note que le pays est confrontée à un resserrement aigu des conditions de financement au niveau mondial, aggravé par l’affaiblissement des perspectives de croissance économique, la détérioration de la situation budgétaire et la fragilité de la position extérieure.

L’annonce récente par le gouvernement tunisien qu’il est en train de négocier avec certains pays de reporter les paiements du service de la dette publique bilatérale et l’impossibilité de réussir une sortie sur les marchés financiers pour lever des fonds, indiquent que les pressions sur les liquidités auxquelles le gouvernement est confronté sont assez élevées, révèle Moody’s.

Aujourd’hui, les acteurs majeurs de la finance internationale qui ont « soutenu » la Tunisie, durant une décennie, sous différentes prétextes dont principalement leur volonté de faire réussir la transition « démocratique » semblent changer de cap en considérant que les risques d’insolvabilité du système financier public national sont sévères et intenses.

D’ailleurs, plusieurs études et évaluations affirment que la dette tunisienne est considérée comme insoutenable. En effet, l’encours de celle-ci dépasse 3 fois les avoirs nationaux en devises et 9 fois le solde de la balance courante extérieure.

Pour mémoire, 92% des dettes obtenues en 2019 ont été dépensées pour rembourser les créanciers du pays au cours de la même année, d’après les données du Ministère des finances.

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