Tunisie – Formation du gouvernement : Que s’est-il passé ces dernier jours pour que çà bloque de cette façon ?

Tous les observateurs sont d’accord pour affirmer qu’au cours des derniers jours, les pourparlers  pour la formation du nouveau gouvernement, qu’ils soient en coulisses ou au niveau formel sont devenus fébriles, mouvementés, avec des blocages fréquents, suivis d’offres, auxquelles répondent des contre-offres… Le tout dans un climat qui témoigne d’une instabilité certaine et d’une incohérence et une tension suspectes, sur la scène politique.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les choses semblaient avancer comme sur des roulettes, notamment, avec le simulacre de mésentente entre Ennahdha et le Courant Démocratique, ainsi que le rapprochement entre les islamistes et 9alb Tounes qui s’en est suivi… Puis, depuis deux ou trois jours, on dirait que toute la donne a changé et que les cartes ont été redistribuées. Alors qu’on était à quelques heures de la déclaration du nouveau gouvernement, on s’est, brusquement, retrouvé au point de départ ! Que s’est-il passé pour qu’il y ait tout ce chambardement ?

La réponse est simple : Il y a eu le déplacement et le discours de Kaïs Saïed à Sidi Bouzid. Un discours qui a fini par convaincre, non seulement les islamistes mais aussi toute la classe politique qu’il fallait tout mettre en œuvre pour éviter de tomber dans l’éventualité de ce qu’on appelait « le gouvernement du président ». D’ailleurs, même les plus fervents défenseurs de cette formule qui ont appelé à y aller dès le début, se sont ravisés et ont compris que ce faisant, ils jouaient leur existence en tant que formations politiques, ainsi que leurs sièges en tant que représentants du peuple.

Ils ont compris, comme tout le monde qu’on ne pouvait définitivement pas compter sur Kaïs Saïed pour, éventuellement, le manipuler ou surfer sur la vague de sa popularité. Il leur a  fait comprendre, ce 17 décembre, qu’il nourrissait le projet de les éjecter de là où ils sont et d’asseoir sa propre vision du système politique, puisant sa force et ses décisions, au niveau local.

D’ailleurs, pour eux, qui ont suivi avec intérêt son discours, il y a eu un signal d’alarme qui a commencé à clignoter, quand il a parlé du 14 janvier, comme étant la date de la contre révolution.

En effet, certains ont compris cette date au premier degré, pensant à juste titre d’ailleurs, qu’il accusait tous ceux qui sont apparus après le 14 janvier d’être contre la révolution et qu’il allait falloir les écarter, si on voulait finaliser la révolution qui s’était déclenchée le 17 décembre 2010.

D’autres, ont compris le message de cette date de deux manières, ce qui leur a glacé le sang. Car, en parlant de 14 janvier, Saïed faisait allusion à 2011, mais en y regardant de plus près, le 14 janvier prochain correspond par le plus grand des hasards du calendrier, à la date butoir de la fin de la période de prolongation qu’avait demandée Jemli, pour former son prochain gouvernement.

Pour certains, le fait que Saïed ait parlé de cette date n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Ils ont compris le message. A partir du 14 janvier prochain, le président allait prendre les choses en mains, pour balayer tous ceux qui sont venus pour faire avorter la révolution !

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