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Tunisie-Gouvernement: Hamadi Jebali réussira-t-il son grand Oral à l’Assemblée?

Le Premier ministre du Gouvernement de transition Hamadi Jebali devra s’expliquer, lundi 23 janvier 2012 en session plénière de l’Assemblée devant les députés.

La politique du Gouvernement et le programme suivi ainsi que les priorités et les remèdes à apporter aux problèmes quotidiens des citoyens seront au centre de l’intervention de M. Jebali ainsi que des questions qui lui seront posées par les membres de la Constituante.

Ce grand oral a été réclamé par plusieurs parlementaires des différents courants de l’opposition présente au sein de la Constituante. Il intervient après la vague de protestations et de mouvements sociaux qui ont secoué le pays dernièrement.

Mais le premier ministre a déjà donné un avant-goût sur les arguments qu’il va mettre en avant pour défendre le rendement de son Gouvernement et cela à travers l’interview diffusée samedi 21 janvier 2012.

Cette sortie médiatique n’a, selon les observateurs apporté aucun éclaircissement sur les dossiers en instance ni tracé les grandes lignes d’un programme claire du Gouvernement pour sortir le pays de la crise qui s’installe.

A part les promesses d’aides aux 235 mille familles nécessiteuses en Tunisie et le payement de la deuxième tranche d’indemnisation aux familles des martyrs et blessés de la Révolution, M. Jebali n’a apporté aucune recette aux attentes aussi bien des citoyens  que de la classe politique.

Outre la solidarité avec le ministre de l’Intérieur Ali Laarayedh à la suite de la vidéo diffusée sur son compte, le premier ministre n’a même pas pris la peine de trancher sur les dossiers brûlant tels les sit-ins à la faculté de Manouba à cause du port du Niqab se contentant d’appeler au dialogue entre les deux parties concernées.

Il s’est aussi évertué à dénoncer les grèves et les mouvements sociaux dans le pays en soulignant les pertes subies à l’économie et l’atteinte portée à l’image du pays.

Des propos, qui ne semblent pas convaincre des milliers de ventre creux et de chômeurs qui attendent de voir le bout du tunnel.

En matière de politique étrangère  là aussi, rien de nouveau, la priorité est réservée au Maghreb ensuite l’Europe principal partenaire du pays et au monde arabo-islamique. De la simple rhétorique sans plus.

Ce qui a motivé les représentants du peuple à demander des explications du Gouvernement, c’est que ces mouvements sociaux dans le pays reflètent le malaise profond que ressent la population en raison de l’obstruction de l’horizon et de l’absence d’initiatives sérieuses de la part  du Gouvernement pour sortir le pays de l’état d’expectative qui n’a que trop duré, à leur sens.

Il convient aussi mentionner les nombreux faux pas du Gouvernement depuis sa prise de fonction tant aux niveaux de la politique  intérieure qu’ étrangère, jetant le flou sur la situation du pays.

En effet, les hésitations et atermoiement  du Gouvernement pour prendre les décisions adéquates et rapides pour aussi bien apaiser l’opinion que montrer les capacités des autorités à maîtriser les dossiers, ont conduit à une sorte de méfiance du peuple.

Pour certains partis politiques, dont des membres de la coalition dirigeante, le Gouvernement a commis une erreur monumentale  en privilégiant, par mégarde, certaines régions par rapport à d’autres. Des promesses d’investissements et de réalisations de projets ont été promises à certaines régions plutôt qu’à d’autres ce qui a provoqué un mécontentent dans les autres régions.

En outre, la troïka formant le gouvernement n’a pas réussi à faire l’osmose nécessaire afin de donner un signal fort de cohésion et d’harmonie et rassurer les citoyens sur l’existence d’un centre du pouvoir et sur sa capacité à diriger le pays.

Sur le plan de la politique étrangère l’accueil en grande pompe du premier ministre démissionnaire palestinien Ismaïl Hanieh a  porté un rude coup, aussi bien à l’image du pays qu’à la constance de la diplomatie tunisienne caractérisée par sa prudence et son respect pour la légalité et les règles du protocole.

Si le parti Ennahdha qui dirige le Gouvernement a des affinités avec le Hamas, il aurait pu recevoir M. Hanieh au niveau du parti et mettre à l’abri l’Etat tunisien de toute critique ou autres risques .

Après la Révolution et les pertes subies par le pays que d’ailleurs M. Jebali a reconnu en avançant le chiffre de 2500 millions de dinars, le pays a plus que besoin de sources de financement pour redémarrer l’économie du payer et lancer les grands projets de développement à l’intérieur des régions.

Le Gouvernement aurait pu, tout en tenant compte de cette réalité, ménager les partenaires financiers du pays tout en gardant son indépendance et sa souveraineté.

Ainsi, lundi 23 janvier 2012, le Premier ministre aura une journée bien remplie et son passage à l’Assemblé Constituante malgré la majorité de son camp, risque d’être très chaud.

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