Economie

Tunisie : Institut de la météorologie, que tout le monde passe à la caisse…

La météo est bien souvent la première information à laquelle on s’intéresse au début de chaque journée. Cette information qui retrace la situation du temps et du climat, en général, conditionne considérablement les attitudes et la vie sociale et économique.

L’information météorologique qui est une matière de grande importance de plus en plus relayée par les médias dans le monde est essentielle à un pays. Certains pays peuvent subir des pertes humaines et économiques importantes à cause des conditions climatiques et des mauvaises prévisions ou leur absence. Une circulation efficace des données météorologiques peut, dans une grande mesure, contribuer à mieux gérer des situations dangereuses.

Cette vision n’est apparemment pas valable en Tunisie puisque depuis une certaine période, on ne voit plus de bulletin de prévisions météorologiques sur le site de l’institut national de la météorologie (INM) dont la dernière actualisation remonte au 18 juin dernier.

Des relais médiatiques ont demandé à la direction de l’institut des explications justifiant l’absence de bulletins et la réponse était simple et classique : pour voir des bulletins, il faut faire une demande précise quant à la finalité et l’aspect de l’information sollicitée mais il faut surtout passer à la caisse de l’INM et payer de l’argent contre un abonnement !

Ainsi, citoyens, médias de grand public, petits agriculteurs, marins-pécheurs et toute les franges de la population pouvant s’intéresser à l’information météorologique en sont privées bien que l’institut qui est censé la produire soit financé directement par l’Etat représenté par le ministère du Transport, c’est-à-dire par l’argent du contribuable.

Mieux encore, la consultation du site qui est devenue presque muet ne fournit aucune information quant à cette nouvelle décision et la nature de l’information de base qui doit être fournie par un institut dont la vocation principale en tant que service public est de diffuser une communication essentielle mais aussi de la communication spécifique naturellement payante.

En somme, nous présentons à cela deux explications possibles :

La première se rapporte à la détermination de l’INM de renflouer ses caisses, politique d’austérité oblige, vu que son budget en 2019 ne dépasse pas 18.3 millions de dinars dont plus de la moitié est consacré aux salaires.

Une deuxième explication concerne fort probablement la tendance du ministre de tutelle, Anouar Maarouf qui ne voudrait plus, semble t-il, divulguer d’information météorologique en l’occurrence les prévisions d’alertes notamment en ces temps de canicule par crainte d’erreur et d’impertinence.

Rappelons que depuis septembre 2018, l’INM fait particulièrement attention à toute sa communication technique et autre suite aux propos de l’ingénieur principal de l’Institut, Abderrazak Rahal qui a félicité dans une déclaration les familles des victimes des inondations de Nabeul survenues le 26 du même mois soulignant qu’ils ont eu “la chance de mourir en martyrs”.

Cette déclaration a été qualifiée d’ « erreur grave » et l’ingénieur a été suspendu par le ministère du Transport.

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