Vous aimez nos contenus ?
Ajouter TN en tant que source préférée sur GoogleALa ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jebri, a remis, ce mardi 11 août 2026, le prix du meilleur travail scientifique féminin de l’année 2026 à la chercheuse Khaoula Khemiri, spécialiste en génie hydraulique, météorologie et hydrologie.
La distinction lui a été attribuée pour son étude intitulée « Impact des changements climatiques et des pressions anthropiques sur les ressources en eau bleue », lors d’une cérémonie organisée au siège du ministère.
Un travail sélectionné parmi 14 candidatures
Le comité scientifique chargé de l’évaluation des travaux en compétition a retenu la recherche de Khaoula Khemiri parmi 14 candidatures, au terme d’un processus d’évaluation organisé en deux étapes.
Une première sélection a permis de retenir cinq recherches considérées comme les meilleures. Chacune d’elles a ensuite fait l’objet d’un examen approfondi lors de la phase finale, avant la désignation du travail lauréat sur la base de critères scientifiques et objectifs.
Quatre principaux critères d’évaluation
Walid Barhoumi, président du comité scientifique chargé de l’évaluation, a indiqué que le processus reposait sur quatre principaux axes.
Il s’agit notamment de la qualité scientifique de la recherche, de sa capacité à proposer des solutions innovantes et nouvelles, de son impact potentiel sur les plans économique, social et environnemental ainsi que de sa contribution au développement à l’échelle nationale.
Selon lui, le comité a adopté des critères objectifs inspirés de normes internationales.
Il a également souligné que la Tunisie dispose de compétences et de capacités dans le domaine de l’intelligence artificielle pouvant être mobilisées pour répondre à plusieurs défis, ce qui a conduit le comité à accorder une importance particulière à cette dimension lors de l’évaluation.
L’intelligence artificielle au service de la sécurité hydrique
Khaoula Khemiri est docteure en génie hydraulique et occupe actuellement le grade d’ingénieure en chef à l’Institut national de la météorologie.
Son travail porte sur les conséquences des changements climatiques et des pressions humaines sur les ressources en eau, dans un contexte marqué par l’aggravation des défis liés à la sécurité hydrique en Tunisie.
La chercheuse a souligné que le stress hydrique représente aujourd’hui l’un des défis majeurs auxquels fait face le pays, alors que les ressources disponibles diminuent et que les précipitations deviennent de plus en plus irrégulières, parallèlement à une pression croissante générée notamment par l’activité agricole.
Vers une gestion intégrée des ressources en eau
Face à cette situation, Khaoula Khemiri estime nécessaire de mettre en place une gestion intégrée des ressources hydriques appuyée par les technologies de l’intelligence artificielle.
Cette approche permettrait de croiser différentes catégories de données, de mieux coordonner l’action des différents intervenants et d’améliorer les processus de prise de décision.
La recherche, réalisée à l’Institut national agronomique de Tunisie relevant de l’Université de Carthage, vise ainsi à développer une approche basée sur l’intelligence artificielle permettant d’intégrer simultanément des données climatiques, satellitaires et hydrologiques.
L’objectif est notamment de mieux anticiper les risques et de renforcer à la fois la sécurité hydrique et la sécurité alimentaire.
Des données climatiques plus précises grâce à l’IA
Selon Khaoula Khemiri, les résultats obtenus montrent que l’intelligence artificielle est capable d’améliorer la qualité des données climatiques.
Cette technologie pourrait ainsi permettre de développer des outils plus précis pour analyser l’évolution des ressources en eau et anticiper les risques qui leur sont associés.
Une édition consacrée à l’eau et à l’alimentation
Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées avait consacré l’édition 2026 du prix au thème « Innovations de l’intelligence artificielle pour renforcer la sécurité hydrique et alimentaire ».
Cette orientation vise à rapprocher davantage la recherche scientifique des priorités nationales en matière de développement.
Asma Jebri a indiqué que le choix de ce thème traduit la volonté de relier la recherche scientifique aux priorités nationales et de valoriser le rôle joué par les Tunisiennes dans les domaines des sciences, des technologies, de la recherche et de l’innovation.
Les femmes représentent 66,8 % des étudiants du supérieur public
La ministre a également mis en avant la place occupée par les femmes tunisiennes dans l’enseignement supérieur et les filières scientifiques.
Les étudiantes représentent ainsi 66,8 % de l’ensemble des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur public.
Selon les chiffres présentés par la ministre, les femmes représentent :
- 88,96 % des étudiants en sciences de la vie ;
- 79,3 % en sciences physiques ;
- 72,8 % dans les spécialités de santé ;
- 50,4 % en informatique ;
- 47 % dans les filières d’ingénierie.
Une présence féminine importante dans la recherche
La participation féminine reste également élevée aux niveaux avancés de la formation universitaire.
Les femmes représentent 64,9 % des inscrits en doctorat et 72,5 % des étudiants en master de recherche.
Leur participation au sein des structures de recherche et des laboratoires nationaux atteint par ailleurs 59 %.
Pour le ministère, le prix annuel du meilleur travail scientifique féminin constitue un mécanisme national destiné à encourager la recherche menée par les femmes et à soutenir l’investissement dans la connaissance, considérée comme l’un des piliers du développement national.
Vous aimez nos contenus ?
Ajouter TN en tant que source préférée sur Google
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!