L’indice synthétique de résilience économique, fondé sur les quatre dimensions (gouvernance, autonomie économique et financière, capacité de production et cohésion sociale), s’est globalement amélioré sur la période 2000-2023, passant de 0.35 à 0.55, soit une progression moyenne de 2% par an.
C’est ce révèle une nouvelle étude de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) qui a souligné que les dimensions qui ont renforcé la résilience de l’économie tunisienne en préservant une certaine progression sur toute la période sont la capacité de production, la cohésion sociale et dans une moindre mesure la gouvernance qui se sont accru à des rythmes respectifs de 5.9%, de 5% et de 0.5%.
En revanche, la capacité de résilience a été affaiblie par l’insuffisance de l’autonomie économique et financière qui a accusé une diminution passant de 0.53 à 0.39 sur la période avec un fléchissement annuel de -1.4%.
On note, à cet effet, que la mauvaise performance de l’autonomie économique et financière qui s’est accentuée à partir de l’année 2010 traduit une difficulté du pays à réduire sa dépendance énergétique et alimentaire, à mobiliser ses propres ressources, à se financer durablement et à préserver ses équilibres systémiques.
De même pour la gouvernance qui après avoir progressé de 9.1% annuellement entre 2000 et 2009 pour atteindre un score de 0.78, s’est replié à partir de l’année 2010 et jusqu’en 2023 de – 4.1% en raison de la baisse de l’efficacité des services publiques et de la qualité institutionnelle. Ce retournement souligne une fragilité persistante dans la gouvernance qui limite la capacité de l’État à soutenir durablement les efforts de résilience.
Toujours selon l’étude, la capacité de résilience reste par ailleurs soutenue par deux facteurs qui ont prémuni, si l’on peut dire, l’économie tunisienne des effets perturbateurs des chocs externes et internes compte tenu de la vigueur de leur croissance enregistrée. Le premier facteur est la capacité de production, pilier essentiel de la résilience économique, qui a connu une progression positive et soutenue entre 2000 et 2023 avec un accroissement moyen de +5.9%.
Le second facteur est la cohésion sociale qui a présenté une tendance ascendante avec un score de 0.23 au début des années 2000, pour atteindre 0.71 en 2023 avec un pic en 2015 de 0.793. Cette évolution s’explique par une montée progressive des mécanismes d’inclusion et de stabilisation sociale, portée par des ajustements démographiques et des dynamiques institutionnelles favorables avec la baisse du taux de pauvreté, de l’inégalité et celui de dépendance.
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