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Tunisie – L’affaire Kamel Letaïef : Le train qui peut en cacher un autre

Tunisie – L’affaire Kamel Letaïef : Le train qui peut en cacher un autre

Tiens, c’est drôle ! Ce fameux avertissement qu’on a tous appris dans les livres du code de la route, on ne le voit jamais sur nos passages à niveau. Et pourquoi ? Peut-être parce qu’en Tunisie, nous avons rarement des voies ferrés doubles. Donc, un train qui passe ne peut rien cacher derrière lui. Et c’est là, un très mauvais réflexe acquis par le tunisien. Réflexe qui pourrait être mis à profit par « certains » pour détourner l’attention du tunisien d’un convoi important, simplement en le masquant par un petit omnibus de banlieue qui passerait en premier plan.

Pour revenir au fameux, fumant, dossier Kamel Letaïef, il semble de prime abord, que c’est un dossier qui ne peut pas tenir deux minutes devant une cour digne de ce nom. Une mise en scène dont les premiers rôles sont joués par Béji Caïed Essebsi et consorts. Et pas seulement les premiers, mais plutôt, tous les rôles y sont joués par l’équipe de BCE. L’équipe BCE se retrouve bizarrement, et en même temps, sur le banc des accusés, et sur celui des victimes du pseudo-complot, vu que le gouvernement visé par le « coup d’état » à l’époque était précisément présidé par BCE.

On dirait, donc, que derrière Kamel Letaïef, c’est Béji Caïed Essebsi et compagnie qui sont visés par cette instruction. Alors pourquoi ne pas y aller franchement, et les convoquer, leur poser des questions et éventuellement les placer sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire ? Peut-être que la dernière visite de l’ambassadeur américain au siège de Nidaa Tounes, et ses déclarations en rapport avec un avertissement lancé au gouvernement s’il venait à tenter de « liquider » ses adversaires politiques à travers la justice, y est pour quelque chose.

Enfin, bref ! il s’agit apparemment d’un dossier qui ne risque pas d’avoir de suites, lancé par un avocat qui n’est pas habilité à le faire devant une juridiction tout aussi non habilitée à traiter ce genre de dossiers (les affaires d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne sont-elles pas du ressort exclusif des tribunaux militaires ?).

Donc pourquoi se donner tant de mal pour rien ? Et pourquoi maintenant ? Ce dossier a bien été présenté au procureur depuis des mois et a été classé sans suites, pourquoi alors le reformuler et  le rouvrir maintenant ? Le juge qui l’avait classé auparavant aurait-il été muté et remplacé par un autre plus « entreprenant » ?

Que de questions, auxquelles nous allons essayer de répondre par une autre question : Que cache ce dossier ?

S’agit-il d’un train qui pourrait en cacher un autre ?  Quel est l’autre train qu’on s’ingénue à cacher ? S’agit-il de la discussion du préambule de la constitution qui risque de cacher des surprises ? Ou s’agit-il de la discussion de l’organisation de la future ISIE ? Ou celle de l’instance de l’information ? S’agit-il de la nomination et de l’installation de délégations spéciales, spécialement conçues en prévision des prochaines élections ?…

Ou, s’agit-il, tout simplement d’un cache misère, pour dérober des regards la situation politique, économique et sociale qui prévaut dans le pays ?

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