Tunisie : Le double discours de Rached Ghannouchi à propos des Salafistes

Une coïncidence apparait comme relativement troublante aux yeux des observateurs tunisiens et étrangers, à  savoir l’émergence concomitante du phénomène salafiste  en Tunisie après le 14 janvier 2011 avec la montée en puissance du mouvement Ennahdha qui est  sorti de la clandestinité et qui a reconstruit en quelque mois à peine son réseau dans tous les gouvernorats du pays.

Ce succès pour Ennahdha en général et pour Rached Ghannouchi, le leader du mouvement, en particulier a tenu à des facteurs spécifiques à savoir son enracinement en profondeur dans le pays, malgré la répression politique dont il a fait l’objet  et à des sources de financement importantes et diversifiées, partiellement  d’origine interne et  essentiellement d’origine externe.

Les Salafistes « enfants prodigues » de Rached Ghannouchi  !!

Le phénomène salafiste  est jugé par certains comme une forme de maladie. Au début, les actions des salafistes étaient localisées dans certaines régions et elles semblaient relativement peu importantes à l’échelle de la Tunisie dans la période de désordre qui a suivi le 14 janvier 2011.

Ils représentaient dans le corps social tunisien une forme de maladie bénigne, comme un simple refroidissement à ses débuts.  Cette maladie aurait pu être soignée facilement si les mesures nécessaires avaient été prises par le gouvernement provisoire pour faire respecter la loi avec fermeté et sans utilisation de la force brute.

Mais  l’extrême indulgence du gouvernement actuel et particulièrement des dirigeants d’Ennahdha qui considèrent les salafistes comme leurs enfants, leur rappelant  leur jeunesse  « dissolue » a été à l’origine d’une dégradation accélérée et dangereuse de la situation dont le point d’orgue a été l’assaut sanglant contre l’ambassade américaine à Tunis qui a gravement nui à l’image de la Tunisie à l’échelle internationale.

Notons que le mouvement salafiste apparu dans la société civile tunisienne semblait au départ pacifique, exprimant ses opinions par des discours officiels et dans les prêches des mosquées sans avoir recours à la violence.

Néanmoins, au fil des mois et compte tenu  du laxisme coupable du gouvernement  actuel au pouvoir, une radicalisation du mouvement est apparue et s’est  traduite par des actions de plus en plus violentes, compte tenu d’un sentiment vécu d’impunité totale.

Cela s’est manifesté lors des incidents de palais Abdelia, de la profanation du drapeau national à la Faculté des lettres de la Manouba, de la transformation de Sejnène en un fief salafiste complétement indépendant des lois républicaines, des agressions répétées et impunies sur les journalistes tunisiens…

Mais l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis a été  la goutte d’eau qui a fait déborder le vase,  pour la première fois elle a révélé  aux yeux de tous les Tunisiens et aussi de l’opinion publique international le vrai visage des salafistes « Djihadistes »,  dont le principal moyen d’expression est devenu la violence qui est rejetée massivement par la population Tunisienne.

Ghannouchi faiseur et « non tombeur » des salafistes

De nombreuse personnes ont pu constater que le mouvement Ennahdha a tenu un discours lénifiant et rassurant qui a systématiquement exclu le mot salafistes du tous les communiqués officiels à l’occasion des différents troubles et incidents provoqués par les salafistes, attribués à « des groupes suspects ».

Par contre le « Cheikh » Ghannouchi, a voulu donner l’image d’un leader charismatique maitrisant parfaitement la situation politique et sécuritaire du pays, en reniant ses « enfants salafistes »,  en utilisant la phrase à l’Agence France Presse  “AFP”: « Les Salafistes Djihadistes sont un danger pour la Tunisie. »

Ces deux discours ont été tenu simultanément suite à l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, ce qui démontre le double langage  d’un leader d’un parti islamique qui est censé ignorer tous les types de mensonges.

Donc Ghannouchi  se retrouve coincé entre le marteau et l’enclume, d’un cotés les salafistes Djihadistes, et de l’autre son soutien américain.

Les salafistes qui étaient  les alliés d’Ennahdha tant sur le plan idéologique qu’électoral vont-ils devenir des rivaux d’Ennahdha dans la conquête du pouvoir en Tunisie ?

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Haut