Tunisie – Le gouvernement de Jemli va droit à l’échec. C’est ce qui explique les déclarations des leaders d’Ennahdha et de 9alb Tounes

Le gouvernement Habib Jemli est voué à un échec inéluctable. Et ce, pour toutes les raisons du monde. D’abord parce qu’il est composé de gens qui sont dans l’incapacité de relever les défis qui vont s’imposer à eux. Ensuite, parcequ’ils vont prendre les commandes du pays à une période très critique, notamment sur le plan économique, mais aussi, par rapport à une conjoncture internationale et régionale explosive. Mais surtout, ce gouvernement va échouer dans tout ce qu’il va entreprendre, pour une simple question d’arithmétique toute bête.

En effet,  à supposer que le gouvernement obtienne la confiance de l’ARP, il pourra, à tout casser récolter 120 voix, c’est-à-dire, ceux-là mêmes qui ont voté pour le Cheikh Ghannouchi à la présidence de l’ARP. Or, ces 120 voix, si elles permettent au gouvernement de passer, elles sont loin d’être suffisantes pour qu’il puisse travailler. Il va avoir à faire passer des projets de lois et surtout des lois organiques. Pour valider une proposition de loi organique, il faut qu’elle obtienne, non pas 120 voix, mais les deux tiers des voix de l’Assemblée. Soit, aux alentours de 145 voix, ce qui est très loin du compte.

C’est pourquoi, on peut prévoir sans aucun risque d’erreur que ce gouvernement va droit à un échec retentissant. C’est ce qui explique les déclarations contradictoires, ces derniers jours, des dirigeants d’Ennahdha et de 9alb Tounes. En effet, on a en même temps, au sein de la même formation politique, que ce soit celle d’Ennahdha ou de 9alb Tounes, deux sons de cloches opposés. Ceux qui sont pour le vote de confiance, au nom du sacro saint intérêt national qui doit prévaloir et ceux qui font semblant d’être farouchement opposés à cette formation.

L’explication de ce cirque est simple. Ainsi Ennahdha qui a, depuis toujours, pratiqué le double langage, utilise ce stratagème, pour laisser comprendre à ceux qui veulent bien l’écouter que le gouvernement n’est pas le leur et ils sont imités, dans ce scénario, par Nabil Karoui et ses partisans.

Ces deux partis, étant assurés que le gouvernement ne va pas pouvoir tenir plus que quelques mois, ont tout intérêt à se démarquer de lui et à dire qu’il n’est pas leur gouvernement, pour la simple raison, qu’ils ne veulent pas assumer la responsabilité de son échec.

D’ailleurs, cette politique de déni est devenue la règle générale d’Ennahdha, qui a fait plonger le pays dans des abîmes en affirmant, à chaque fois, qu’elle n’y était pour rien, vu que ce n’était pas elle qui gouvernait. Le parti islamiste, trouvait à chaque fois un bouc émissaire pour lui faire endosser la responsabilité de son incompétence et de sa cupidité.

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