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Tunisie – Le « j’accuse ! » de Ali Larayedh

Tunisie – Le « j’accuse ! » de Ali Larayedh

Ali Larayedh a préféré parler en solo. Pas de conférence de presse, donc pas de questions inopportunes, rien qui puisse troubler le discours fleuve qu’il avait concocté pour riposter à ses subordonnés, qui, pas plus tard que ce matin, vociféraient place de La Kasbah, leur haine et leur mécontentement.

C’est que l’heure est grave, Ali Larayedh se sentait, depuis quelques temps, dans le collimateur de ses propres agents, et c’est une situation inédite, qui risquait de ne pas plaire en haut lieu. Il l’a même déclaré dans son discours, il reprochait aux agents de demander son remplacement à la tête du ministère de l’intérieur.

Il a donc préparé un discours didactique, qu’il a sciemment divisé en trois parties.

Dans la première partie, il a ouvertement attaqué les syndicalistes du ministère de l’intérieur. Pas tous, s’est-il ressaisit, à un certain moment. Il les a accusés de choses gravissimes telles que connivence avec des partis d’opposition et même des parties étrangères. Il a finalement menacé de faire appliquer la loi sur ces agents « dissidents ».

En deuxième partie de son discours, il s’est appliqué à casser les revendications des syndicalistes, en faisant l’étalage de ce qui a été fait en leur faveur, de sorte que ces agents ont été dépeints comme des empêcheurs de tourner en rond. Et qui plus est, le faisaient sans raison valable, rien que pour servir des agendas suspects, comme il l’a précisé.

En troisième partie, il a tenu à développer ses projets à la tête du ministère, et en premier lieu, la sacro sainte réforme du système policier, il a dans cet article mis l’accent sur la volonté des syndicalistes d’empêcher ces réformes et de revenir avec le système sécuritaire à l’image d’antan, quand ce service œuvrait pour des intérêts particuliers, autres que l’intérêt de la nation, et protégeait des gens bien déterminés au lieu de protéger le citoyen.

Il s’est à la fin de son discours, adressé au peuple en le rassurant sur son avenir, bien qu’il n’écarte pas des risques sécuritaires, comme dans les plus grandes démocraties, a-t-il dit. Mais il rassurait le peuple car il avait confiance en lui et en son éveil, ce qui lui permettrait de reconnaître ses ennemis et de les combattre !

Drôle de conclusion de discours, qui pointe du doigt, les agents syndicalistes et les désigne comme ennemi du peuple tout en appelant ce peuple à la vigilance, et plus, si affinité !

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