Tunisie – Le ministre de la Santé reconnait inconsciemment sa responsabilité dans un éventuel rebond de l’épidémie

Le ministre de la Santé, Abdellatif Makki, s’est dit, depuis hier, alarmé par l’insouciance des tunisiens face au risque accru du regain de la circulation virale dans le pays, au lendemain de l’allègement des mesures de confinement. Makki a fait part de son inquiétude, essentiellement, à cause du non respect du port du masque par les citoyens sortis en masse, le premier jour du confinement ciblé. Il a, à l’occasion, rappelé l’importance du port du masque en précisant qu’il permet, à lui seul de réduire de 70 % le risque de contamination. Il a ajouté que si on va retomber dans le confinement global, à la suite de la recrudescence des cas de contamination, ce sera, en grande partie dû au non respect du port du masque.

Jusque là, rien de très inhabituel, de la part du ministre, égal à lui-même et fidèle à son habitude de chercher à décharger la responsabilité des faits qui pourraient lui être reprochés sur un bouc émissaire, en l’occurrence, le citoyen lambda, pour le cas d’espèce.

Le lendemain, ayant probablement oublié ses reproches de la veille, le ministre a assuré que les tunisiens ont largement, mieux respecté le port du masque, lors de ce deuxième jour du confinement ciblé. Or ce qu’il n’a pas saisi, c’est que l’empressement du tunisien à porter un masque, aujourd’hui, n’a qu’une seule explication. C’est qu’hier il a été pris de court et n’a pas trouvé ce produit dans les commerces, ce qui l’a poussé à s’en passer au péril de sa santé et de sa vie. Aujourd’hui, du moment que les bavettes ont été mises à sa disposition, notamment, dans les officines, il n’a pas rechigné le moins du monde, à se conformer à la règle.

Or, si le citoyen n’a pas trouvé de masques durant le week-end et qu’il était obligé de sortir hier lundi, rejoindre son travail, ce n’est nullement de sa faute, mais de celui qui n’a pas su ravitailler à temps les officines, alors qu’il savait pertinemment que l’utilisation des masques allait être exigée à partir de lundi.

Donc si les dérapages de la première journée du confinement ciblé provoquent, comme il a été prédit, une recrudescence du nombre d’infections, on sait, désormais, qui en assume la responsabilité.

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