Tunisie – le montant des crédits fonciers agricoles ne dépasse pas la valeur d’une villa!

D’après le dernier bulletin récapitulatif sur les résultats d’investissement durant les cinq premiers mois de l’année 2020 de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), 18 crédits fonciers d’un montant de 1.8 millions de dinars ont été octroyés, jusqu’à fin mai 2020 – soit l’équivalent du prix d’une villa à la banlieue nord de Tunis, en se référant au prix du mètre carré de l’argus immobilier – contre 11 crédits d’une valeur de 1.4 millions de dinars durant la même période de 2019.

Le bulletin montre que ces investissements ne permettront que la création de 769 emplois permanents…

Toujours selon l’APIA, les investissements agricoles privés ont atteint 104 millions de dinars, jusqu’à fin mai 2020, contre 112.2 millions de dinars, au cours de la même période de l’année 2019, soit une baisse de 7.2%.

L’agence impute la baisse des investissements à la pandémie de Covid-19 mais elle n’avance aucune explication quant à l’insignifiance du montant des crédits fonciers agricoles qui se poursuit depuis des années.

Dans ce même contexte, un rapport de synthèse sur l’agriculture en Tunisie élaboré en 2019 dans le cadre du programme d’appui « Programme du voisinage européen pour l’agriculture et le développement rural » financée par l’Union Européenne montre que la part des investissements dans le secteur de l’agriculture et de la pêche en Tunisie représente à peine près de 7 % de l’ensemble des investissements publics et privés depuis 2010.

D’après le rapport, la répartition des investissements par type d’intervenants montre une certaine stagnation de l’investissement privé liée essentiellement aux contraintes structurelles (la situation foncière des exploitations) et conjoncturelles (coût élevé à l’importation), aux rigidités caractérisant le processus d’octroi des crédits bancaires, aux coûts du capital et du travail.

Les entrepreneurs privés sont également confrontés à des problèmes d’insécurité qui impactent négativement l’investissement dans le secteur agricole (vol de bétail et détérioration du matériel destiné à l’irrigation).

Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) dans le secteur de l’agriculture restent volatiles et très limités. Le total des IDE agricoles n’a pas dépassé 26 millions de dinars en 2017, soit seulement 1.9% du total des flux d’IDE (hors énergie).

Le secteur agricole qui a sauvé relativement les meubles lors de la crise du Covid-19 reste négligé et structurellement marginalisé en l’absence de toute approche visant son développement.

Il importe de rappeler que l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI) a évoqué que la balance commerciale alimentaire a enregistré, jusqu’à fin mai 2020, un déficit de 171.6 millions de dinars, contre -533.3 millions de dinars durant la même période de l’année 2019.

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