Politique

Tunisie – Le nouveau ministre de la Santé et le piège du secteur miné !

Abderraouf Cherif, le nouveau ministre de la santé prétend être au courant de tout. Il a affirmé savoir tout ce qui s’est passé du temps de son prédécesseur islamiste, Imed Hammami. Mais il ne mesure, certainement pas, l’ampleur des dégâts ni le piège qui lui a été tendu et dans lequel, il risque fort de tomber, s’il ne prenait pas toutes ses précautions.

La première chose que devrait faire Abderraouf Cherif est de se mettre en tête de répondre aux attentes des tunisiens, notamment en ce qui concerne les innombrables ruptures de stocks, surtout ceux des médicaments de première nécessité et ceux des malades chroniques.

C’est de la façon dont il va s’attaquer à ces problèmes que dépendra le succès de sa mission ou son échec. Il ne doit pas perdre de vue que son cabinet, ainsi que toutes les directions de son département sont truffés de mines. Des personnes qui n’ont de loyauté qu’envers ceux qui les ont nommés et qui sont des inconditionnels d’Ennahdha. Ces messieurs-dames, vont tout essayer, pour faire capoter les projets du nouveau ministre.

Donc, la première erreur que devra éviter ce ministre, sera de ne pas tomber dans le piège du consensus et des accords louches avec Ennahdha qui a certainement, dû exiger de lui, avant de lui lâcher le ministère de la Santé, de ne toucher à personne parmi ceux qu’il a nommés par centaines dans toutes les directions du ministère. Car ces personnes vont travailler contre lui et saboter tout ce qu’il va entreprendre.

Le deuxième impératif du nouveau ministre sera de demander des comptes à tous ceux qui se seraient rendus coupables du pourrissement du secteur, à commencer par son illustre prédécesseur. Il doit demander des comptes et sévir, sinon, c’est de lui que le peuple exigera des comptes.

Il ne devra pas succomber au copinage avec les islamistes qu’il va trouver dans son ministère et il faudra qu’il revoit toutes les nominations, car ces individus ont déjà fait preuve de leur incompétence, pour ne pas dire corruption. Ce qui lui rendra la tâche d’autant plus facile pour s’en défaire. Par ailleurs, il devra regarder un peu, les CV des directeurs et directeurs généraux qui n’ont aucune qualification et qui, de ce fait, n’auront aucun droit de réclamer un poste pour lequel ils ne sont pas habilités.

Il est vrai, qu’il va devoir marcher sur des œufs, Abderraouf Cherif, mais il ne doit pas oublier que la colère gronde parmi les tunisiens, en rapport avec les exploits du secteur de la santé et qu’il n’a pas intérêt à en porter le chapeau. Il n’y a pas une famille, il n’y a pas une rue en Tunisie où on n’a pas compté des victimes de ce système qu’on a poussé au pourrissement. Combien de tunisiens sont décédés faute de médicaments, combien d’autres ont eu de graves complications pour avoir été obligés d’arrêter leurs traitements et on en passe…

Donc, Abderraouf Cherif n’a pas trop d’alternatives ; il devra s’attaquer aux racines du mal et demander des comptes aux responsables. Pour pouvoir le faire, il devra pouvoir compter sur un bon système d’inspection, certainement pas celui qu’il a hérité de son prédécesseur: une inspection fantoche qui ne voit rien, n’entend rien et ne dit, surtout rien !

Il est quasiment sûr qu’en faisant de la sorte, Abderraouf Cherif risque fort de connaitre le sort de l’ancien ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, limogé pour avoir refusé de fermer les yeux sur les combines des islamistes… Mais il devra aussi, garder à l’esprit que Brahem et tant d’autres, sont sortis la tête haute et l’âme en paix. Plus que le salaire ou le pouvoir d’un ministre, ils ont gagné l’estime et le respect des tunisiens !

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