Tunisie – Le petit oiseau rare de Ghannouchi commence à gazouiller

Depuis l’annonce malicieuse du Cheikh Ghannouchi selon laquelle Ennahdha serait à la recherche d’un oiseau rare, pour le parrainer comme candidat aux prochaines élections, on n’a pas fini d’entendre des essais de chants d’oiseau, qui raisonnent un peu partout, dans tous les coins du pays. Çà allait du corbeau qui essaie de se donner une voie de canari, au vautour qui tente de se faire passer pour la douceur personnifiée, en passant par les faucons qui se sont mis à se limer les serres et le bec crochu, histoire de faire oublier leur réalité de machine à tuer.

On entendait ces chants qui commençaient à fuser de partout. De la droite, de la gauche, du centre, d’avant et d’après 2011… De partout. Mais tous ces potentiels candidats ne connaissent, apparemment pas le Cheikh Ghannouchi qui fonctionne comme on joue aux échecs. De ce fait, quand il dit un mot, il a en général prévu les réponses et préparé sa réplique. En faisant cet « appel à candidature », ou ce « casting » Ghannouchi voulait surtout tester les gens et savoir quels sont ceux qui seraient capables de vendre leur âme au diable pour le poste.

Par oiseau rare, Ghannouchi entendait, un volatile qui doit de préférence ne pas être d’Ennahdha, mais qu’il en soit, tout de même, assez proche. Un specimen prêt à servir de serviette à usage unique, qu’on jettera une fois on se sera essuyé les mains avec, moyennant un bon poste à l’étranger. Un gibier qui soit docile et qui n’osera pas mordre la main qui lui donne à manger. Une bête qui ne décidera de rien sans avoir la bénédiction de Montplaisir… Bref un oiseau rare… Si rare, qu’on dirait plutôt, qu’il fait partie des races en voie d’extinction.

Ne voilà-t-il pas que, comme par hasard et d’au-delà des océans, un gazouillis, pas comme les autres, a commencé à se faire entendre. Un inconditionnel d’Ennahdha et des frères musulmans, quelqu’un qui prétend avoir ses entrées dans les cercles de décision aux USA et ailleurs, là où on a de plus en plus tendance à ne plus trop aimer les islamistes et l’Islam politique.

Comme par coincidence et quelques jours, en effet, après la déclaration du Cheikh, voilà que Radhouene Masmoudi déclare sa « sérieuse intention » de se présenter aux présidentielles, « pour le bien et la réussite de la Tunisie ». Pour rappel, Radhouene Masmoudi est le président du Centre d’Etudes sur l’Islam et la Démocratie, basé à Washington, proche conseiller du Cheikh et qui serait assez près des l’Oncle Sam, au point que Wikileaks aurait publié quelques uns des rapports qu’il rédigeait pour le compte d’une agence de renseignements américaine, STATFOR.

A première vue, il se pourrait bien que Masmoudi remplisse les conditions recherchées par Ghannouchi dans son oiseau rare, au grand dam de tous ceux qui se sont empressés d’afficher leur cupidité… Les jours qui viennent finiront par révéler les intentions du Cheikh, bien qu’il ne semble pas trop pressé, de présenter son candidat. Pas avant d’avoir, du moins, reçu la bénédiction voire l’acquiescement des cercles de décision où tout se décide à l’avance, bien avant la « comédie des urnes ».

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