Economie

Tunisie- Le polytechnicien tunisien Anis Marrakchi explique l’économie de rente en Tunisie et ses conséquences

Le polytechnicien tunisien, Anis Marrakchi a mis l’accent sur la question de l’économie de rente en Tunisie, en marge d’un Talk, du Tunisian Think Thank. Après avoir présenté ce phénomène, le polytechnicien a abordé les dangers de cette économie qui privilégie certains groupes au détriment des autres. En effet, l’économie de rente consiste à mettre des verrous pour que les personnes qui la pratiquent ne risquent pas de se concurrencer.

Marrakchi, a énuméré plusieurs exemples dans différents secteurs, notamment, les concessions automobiles contrôlées par un nombre restreint de familles détenant l’exclusivité de la commercialisation des plus grandes marques ainsi que le secteur bancaire qu’il estime l’un des pires exemples de l’économie de rente.

La Tunisie compte à peu près 26 banques qui, logiquement, doivent être en concurrence pour assurer les meilleurs services, mais la concurrence n’existe pas, selon ses dires. Marrakchi explique cela par le fait que ce sont les mêmes groupes qui détiennent les actions de ces banques en association avec l’État, qui est actionnaire dans 7 grandes banques tunisiennes.

Ce type d’actionnariat est appelé « intégration horizontale » présentée sous forme de monopoles ou de cartels et qui facilite les prêts bancaires pour les groupes familiaux qui détiennent leurs propres banques. Ils ont alors un avantage compétitif important par rapport à leurs concurrents. Ce manque de concurrence fait que certaines banques réalisent d’énormes bénéfices nets tel la BIAT qui  réalise beaucoup plus de revenus que certaines banques françaises.

Toujours selon les statistiques qu’a rapporté Anis Marrakchi, la BIAT a réalisé 31% de recette après impôt sur le total de son produit net bancaire, contre seulement 19% pour la banque française BNP, et 16% pour le Crédit Agricole et la Société Générale. En 2018, la Banque centrale avait rappelé à l’ordre 5 banques qui avaient donné plus de 25% du total de leurs prêts à un seul groupe, affirme Marrakchi.

Cette économie, constituant une forme légale de corruption, puisqu’elle est présente dans les décrets de la loi, a des conséquences néfastes sur le reste de l’économie et par la suite sur le consommateur puisqu’il se retrouve avec des services de qualité médiocre à  des prix élevés.

Marrakchi a indiqué que pour sortir de la crise de l’économie de rentre, les autorités doivent réguler la concurrence en luttant contre les monopoles et séparer les activités structurelles de soutien. Il faudra également libéraliser davantage les activités protégées en évitant de recourir au régime des licences et des autorisations administratives.

 

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