Tunisie – Le retour galopant de la censure de la presse

Le seul réel acquis des tunisiens de ce qu’ils se sont accordés à appeler « la révolution du jasmin », a été la liberté d’expression et de presse. Or, à voir ce qui se passe ces derniers jours et ces dernières heures, on voit bien que cet acquis est loin de l’être, et que la censure revient au grand galop.

En effet, et suite au scandale du décès des douze bébés à la maternité de Wassila Bourguiba, et l’ouverture d’une double enquête administrative et judiciaire, la presse s’est emparée du sujet, pour enquêter à son tour, et essayer de comprendre et de transmettre l’information aux citoyens. Après tout, c’est la presse qui aura eu le mérite de remuer cette affaire qui allait passer sous silence, n’eût été la réaction immédiate et scandalisée de la presse.

Or, maintenant que la justice s’est saisie de l’affaire, elle entend bien ne laisser personne en approcher, ni oser poser certaines questions ou obtenir certaines révélations qui gêneraient.

C’est ainsi, que le parquet de Tunis a ordonné aux agents de la brigade criminelle de Tunis, d’interdire l’émission des quatre vérités qui devait être diffusée ce soir, ainsi que la rediffusion de l’émission d’hier présentée par Moez Ben Gharbiya, sur la chaine TV Carthage plus.

S’il est vrai, et on le comprend, qu’il y ait certaines réserves à respecter dans une affaire dont la justice s’est saisie, et qui est en cours d’instruction, il aurait mieux valu demander aux producteurs de ces émissions de se limiter à tout ce qui ne touche pas au secret de l’instruction et à éviter de faire n’importe quelle pression sur les magistrats en charge de l’affaire, au lieu de faire craindre le retour de la censure, premier palier vers un retour de la tyrannie !

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