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Tunisie – Les ministères régaliens sous l’emprise des ex-ministres ?

Tunisie – Les ministères régaliens sous l’emprise des ex-ministres ?

Drôle d’époque que celle que vit la Tunisie, en ce moment ! Un homme déclaré à maintes reprises innocent et relaxé par les magistrats, et qui croupit toujours au fond de sa cellule à El Mornaguia, et d’un autre côté, un terroriste notoire, pris, à l’étranger en flagrant délit de falsification de passeports tunisiens, et expulsé vers son pays d’origine, lequel pays, et contre toute attente, s’empresse de le blanchir et de le libérer illico presto. Drôle d’époque où les jeunes qui croyaient faire leur « révolution » se retrouvent en tôle pour dégradation de biens publics et autres, et des salafistes qui se promènent librement faisant la loi quand ils voulaient et l’enfreignant quand çà leur chantait. Drôle d’époque où celui qui s’isole pour faire un brin de cour à sa dulcinée se retrouve au poste de police, où il ne retrouve que des revendeurs d’alcool et usagers de drogues, alors que celui qui prend le maquis armé de fusils d’assaut et autres roquettes reste intouchable et inapprochable, faute de quoi, il tirait à vue sur toute chose ressemblant à un uniforme.

Et dire qu’il y en a qui s’étonnent que rien n’a changé suite au remaniement ministériel. C’est à se demander où ils ont la tête ces messieurs dames ?

Et dire, d’un autre côté, que le fameux remaniement a pris une éternité pour se concrétiser, si jamais on peut parler de concrétisation ! Il aura fallu entre autres, mort d’homme, et ce qui a semblé être une prise de conscience chez l’ex-chef de gouvernement, pour fournir l’étincelle qui a donné le top à ce remaniement.

C’est que la plupart des gens en avaient marre de cette équipe qui a tout foiré, et voulaient un changement radical, d’abord en matière de gestion et de finances, vu qu’ils en étaient à l’agonie, mais aussi et surtout, un changement à la tête des deux principaux ministères régaliens qu’étaient celui de l’intérieur et celui de la justice. Le tunisien avait des appréhensions quant à ces deux ministères. Il craignait que la main mise opéré par le parti au pouvoir ne lui ouvre grande la porte vers la manipulation de la justice à des fins de racket, et les combines des rouages de l’administration pour s’assurer des résultats des prochaines échéances électorales. D’ailleurs, ces appréhensions se confirment de plus en plus chaque jour, d’autant plus, que la « fameuse étincelle » dont on parlait plus haut, s’avéra être un canular, et tout le monde comprit que c’était un subterfuge pour « absorber » la colère du peuple suite à l’assassinat de feu Chokri Bélaïd.

Et en guise de remaniement, on plaça à la justice un magistrat propre et intègre, il est vrai. Mais on a promu son prédécesseur au rang de chef du gouvernement (officieux, car refusé par certains au poste officiel). De ce fait, que peut changer le nouveau ministre de la justice, si son chef hiérarchique n’est autre que son prédécesseur.

Idem pour le ministère de l’intérieur. On a, là aussi, placé un magistrat, propre et intègre, mais autour duquel planent quand même quelques doutes concernant ses liens avec les milieux islamistes. Et son prédécesseur a été promu chef (officiel, cette fois-ci) du gouvernement. Du coup même scénario que pour l’autre ministère, bien que le nouveau ministre a procédé, en apparence, à un début de purge des « caciques » de son prédécesseur, mais gageons, qu’ils ont été, eux aussi promus dans le sillage de leur ex patron.

Donc, en résumé, on se retrouve avec deux ex-ministres, qui se sont mis au second plan, derrière deux nouvelles figures, et qui vont pouvoir se permettre toutes les manœuvres, sans risquer de se retrouver au banc des accusés, vu que, théoriquement, ils n’auront rien à voir avec ce qui se passe de nos jours dans leurs ex-départements.

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