Tunisie : Les points noirs sur les routes, sur le point de disparaître ou presque !

Lors de la clôture, dernièrement du “Forum national sur les médias et les défis de sécurité soutière”, organisé par l’Association tunisienne de la prévention routière (ATPR), la Radio et la Télévision nationales et l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), Monsef Sliti ministre de l’Équipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, a annoncé que le nombre élevé d’accidents de la route nécessite une intervention urgente du gouvernement et des divers organismes de l’État pour réformer radicalement la sécurité routière. Il s’agit d’ un souci prioritaire car liée au droit à la vie et à la protection des biens.

Il a annoncé également que le ministère de l’Équipement, n’a pas cessé de développer le réseau routier et à le rendre plus sûr.

La preuve est que les points noirs sur les routes ont baissé de 145 points au cours du quinquennat (2007-2011) à 30 points au cours des cinq dernières années (2015-2019).

Cette baisse est principalement est due à l’extension des autoroutes, le développement des routes autour des grandes villes et la modernisation d’une grande partie du réseau routier.

Monsef Silliti a déclaré que le Ministère est prêt à s’engager d’une manière constructive avec diverses parties gouvernementales, sociales et les médias pour réaliser un changement profond de la circulation routière en partenariat avec les municipalités et l’ATPR dans le cadre du programme « Safe Cities » pour un transport terrestre sûr et durable.

Il a ajouté que le ministère de l’Équipement, soutient la tendance internationale des Nations Unies, qui a été approuvée par la troisième conférence mondiale sur la sécurité routière tenue en février dernier à Stockholm, en Suède et qui a fixé les objectifs de la décennie 2020-2030 pour réduire le nombre de morts de moitié.

Toutefois, une lecture rapide des chiffres de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) révèle une toute autre réalité des drames de la route en Tunisie et de ces tristes points noirs.

En effet, selon l’observatoire, ces 30 points noirs dont a parlé le ministre ont causé 745 morts et blessés au cours des cinq dernières années (2015-2019).
De toute évidence, l’état lamentable des routes en Tunisie contribue aux drames quotidiens qui détruisent vies et biens (1150 morts en 2019) et les carnages de Lassouda et Amdoun sont encore présents dans la mémoire des tunisiens.

Sous cet angle, une étude universitaire publiée en janvier 2017 a montré qu’en Tunisie, le secteur des transports représente 7% du PIB en 2016 et a réalisé un taux de croissance de 3% entre 2012 et 2015. Malgré tous les avantages qu’ils offrent, l’insécurité routière demeure un problème majeur. En effet, le nombre d’accidents s’est élevé à 11.034 en 2016, soit un taux dépassant largement la moyenne européenne, avec un taux de motorisation quatre fois inférieur. Ces accidents sont graves, avec un décès pour 8 accidents et 1.5 blessé par accident.

De plus, le coût de l’insécurité routière en Tunisie est exorbitant. D’après une recherche présentée fin 2017, le coût socio-économique a été évalué à 1.8 milliard de dollars US selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’insécurité routière équivaut à peu près 1.5% du PIB.

Des questions s’imposent en lisant les statistiques macabres de l’insécurité routière en Tunisie : Qu’attendent les parties prenantes dans ce dossier, ministère de l’ Equipement compris, pour éradiquer les tristement célèbres points noirs des routes? Combien d’autres centaines de morts faut-il compter pour agir ?

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