Les récentes perturbations météorologiques ayant touché la Tunisie au cours des dernières semaines ont contribué à une amélioration notable des réserves hydrauliques. Selon Houcine Rhili, expert en développement et en ressources en eau, les apports des barrages ont désormais dépassé 1,1 milliard de mètres cubes, laissant entrevoir une situation globalement encourageante.
Dans une déclaration accordée ce vendredi 6 février 2026 à Tunisie Numérique, Rhili a indiqué que la situation des barrages s’est nettement améliorée après trois semaines de pluies continues.
Des pluies bénéfiques pour plusieurs barrages
La première vague de précipitations, liée à la tempête Hary, a principalement concerné les zones côtières, où d’importantes quantités de pluie ont été enregistrées en l’espace de 72 heures. Ces intempéries ont particulièrement profité aux petits barrages situés dans les gouvernorats de Nabeul et Ben Arous, ainsi qu’aux lacs collinaires du Sahel et du Cap Bon, dont certains ont atteint leur pleine capacité après des années de sécheresse — un indicateur jugé très positif.
L’expert a toutefois précisé que ces infrastructures disposent d’une capacité limitée, ne dépassant généralement pas 60 à 70 millions de mètres cubes. Malgré cela, les apports restent globalement favorables.
De fortes précipitations dans le Nord et le Nord-Ouest
Au cours de la dernière semaine, les pluies se sont concentrées dans l’extrême nord et le nord-ouest du pays, avec plus de 140 mm enregistrés à Beni M’tir et 99 mm à Siliana. Ces précipitations ont contribué à saturer les sols, facilitant l’écoulement des oueds et permettant d’importants apports vers les barrages.
« Nous avons désormais dépassé les 1,1 milliard de mètres cubes, ce qui signifie que le taux de remplissage des barrages approche les 50 % », a souligné Rhili. Il estime que ce niveau est significatif et pourrait encore s’améliorer si les pluies se poursuivent durant les mois de février et mars, traditionnellement pluvieux. Dans ce cas, le pays pourrait atteindre un taux de remplissage proche de celui de 2019, soit environ 65 %.
Une situation jugée rassurante
Houcine Rhili a qualifié la situation actuelle de rassurante, notamment pour des barrages comme Sidi El Barrak et Barbara, qui maintiennent des niveaux relativement élevés même en période de sécheresse. Le barrage de Sidi El Barrak fait actuellement l’objet de lâchers d’eau dirigés vers la mer en raison de sa position côtière, tandis que celui de Barbara connaît également des opérations de déversement.
Quant au barrage de Sidi Salem, le plus grand du pays, son taux de remplissage est passé de 15 à 16 % avant les dernières pluies à plus de 35 %, grâce notamment au débit de l’oued Medjerda.
Vers une meilleure qualité de l’eau potable
L’expert a également souligné que les conditions climatiques restent favorables à de nouvelles précipitations, ce qui devrait améliorer davantage les réserves et permettre au pays d’aborder les périodes de forte consommation avec moins de pression.
Concernant les barrages du Cap Bon, annoncés comme remplis à 100 %, Rhili a expliqué que leur capacité est relativement modeste et qu’ils sont principalement destinés à l’irrigation et à la recharge des nappes phréatiques, plutôt qu’à l’alimentation en eau potable.
Enfin, il a rappelé que l’augmentation des apports, combinée à la baisse de l’évaporation due aux conditions météorologiques, contribue à améliorer la qualité de l’eau, notamment en réduisant sa salinité. Cette évolution devrait faciliter le traitement par la SONEDE et se traduire par une amélioration de la qualité de l’eau potable dans les mois à venir.
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