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Tunisie – Quand l’État abandonne l’éducation de ses enfants aux mains de parties mal attentionnées

Quand l’ancien ministre de l’éducation, Neji Jalloul avait entamé des réformes dans le secteur de l’éducation, et contrairement à ce que semblent croire quelques esprits malades, ce n’était ni pour graver son nom en tant que réformateur, ni pour entre dans une confrontation voulue avec les syndicats.

En tant que premier responsable du secteur, Neji Jalloul était parti d’une amère constatation. Le système éducatif tunisien a perdu sa gloire et sa renommée, et les écoles et instituts tunisiens ont tellement reculé dans les classements mondiaux, alors qu’ils occupaient les premières places, qu’ils ne sont plus visibles dans les cent, ni dans les mille premiers.

Neji Jalloul n’a pas, contrairement à ce que prétendent ses détracteurs, fait cavalier seul dans ces réformes et n’en a fait qu’à sa tête. La commission qu’il a mise en place pour superviser cette réforme en témoigne, du fait qu’elle regroupe tous les intervenants du secteur.

Les réformes étaient, donc, parties d’un constat, suivi d’une étape de diagnostic qui a mis en évidence les lacunes qu’il fallait combler. Et c’est là que la confrontation a commencé avec les syndicalistes. Car le diagnostic les pointait d’un doigt accusateur, et les premières réformes les ont blessés aux parties « sensibles », entendre par là, leurs bourses, en parlant d’argent, bien sûr.

Les syndicats se sont jurés d’écarter ce ministre empêcheur de tourner en rond, et ils ont fini par avoir gain de cause, aidés en cela par un gouvernement trop faible pour imposer sa vision et pour protéger ses ministres.

Et à partir de là, et bien que la réforme en question ait été bien avancée, les ministres qui se sont succédé au bureau du ministère, ont tout lâché sous la domination, incontestable, des syndicats. Il n’est plus question d’empêcher les enseignants de jouer aux sangsues, en les laissant faire des cours particuliers à outrance. La rentrée, elle-même, a été mal négociée sous la pression des syndicats, ce qui a eu pour conséquence des centaines d’élèves qui, deux mois après la rentrée, n’ont presque pas eu de cours. Et, dernièrement, et suite à quelques vagues mouvements de soit disant, protestation de deux poignées d’élèves, certainement encadrés par qui on sait, le calendrier de l’année scolaire a été revu de fond en comble, et il y a eu retour au système de la semaine bloquée, sachant que tout le monde sait, qu’avec ce système, les élèves perdent, au moins , un mois d’études par an.

Finalement, on ne voit, vraiment pas l’intérêt de nommer un ministre de l’éducation, ni même de devoir payer ses solaires, juste pour qu’il signe au bas des documents que lui imposent les syndicats, voire, même, les élèves. N’aurait-il pas mieux valu confier l’éducation à ces honorables messieurs dames qui prétendent tout savoir mieux que tout le monde, histoire, au moins, qu’ils assument, le moment voulu, la responsabilité de leurs bêtises ?

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