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Tunisie – Les loups se préparent à s’emparer du terrain de l’aéroport de Tunis Carthage

Il est devenu acquis que l’aéroport de Tunis va être transféré, sous peu, vers la zone d’Utique, au nord de la Capitale. Ce transfert est devenu indispensable pour cause d’exiguïté de l’espace actuel, empêchant le développement de l’aéroport conformément aux nouvelles normes internationales, pour qu’il reste au chapitre des aéroports modernes. Sans oublier les considérations sécuritaires pour les riverains, qui veulent qu’un aéroport soit situé en dehors des zones urbaines à grande concentration d’habitations, pour éviter les drames en cas d’accident au décollage ou à l’atterrissage des appareils.

Ce projet de transfert était à l’ordre du jour depuis l’ère Ben Ali, mais ce qui a changé, depuis l’avènement de « l’ère de la liberté et de la dignité », c’est le sort réservé aux milliers d’hectares qui seront « libérés » en périphérie proche de Tunis et ses quartiers huppés, suite à ce transfert.

En effet, les loups de la « deuxième République » se sont mis dans la tête de mettre la main sur ce « trésor » inespéré. Certaines personnes, dont des personnalités influentes dans les rouages de l’Etat, pressés par de sombres hommes d’affaires nés de la révolution, ainsi que des promoteurs immobiliers aux dents extra-longues, se sont mis d’accord pour se partager entre eux la énième tarte dorée dans le four de la révolution de la Brouette. Ils vont en faire une méga-cité résidentielle avec des dizaines de milliers d’appartements et de villas qui seront écoulés aux plus nantis à coups de milliards de millimes. Et le plus beau, c’est que ces gens « de la haute » ont tout prévu, et il paraitrait que même les plans de la future ville sont prêts et les ventes vont commencer sous peu, sûrs qu’ils sont de tenir le monopole de ce genre de transactions aux dépends des domaines de l’Etat.

C’est, finalement, toute la différence avec ce qui se pratiquait avant, à l’ère soi-disant de la corruption et de la dictature. Car le projet initial prévoyait de diviser le terrain de l’actuel aéroport en deux principales parties. La première, la plus petite, sera destinée à la construction d’une nouvelle cité administrative regroupant les ministères dits « intelligents », qui y bénéficieront d’un environnement étudié et équipé d’infrastructure moderne et de connections ultraperformantes. Ce qui permettrait, par la même occasion de désengorger le centre de la Capitale.  La seconde partie, elle, devait être dédiée à l’aménagement d’un « deuxième poumon » pour Tunis, où, d’après les dernières études, nous commençons à flirter avec les limites tolérables de pollution. Et, donc, il avait été décidé de renforcer les capacités purificatrices du parc du belvédère, par celles d’un nouveau grand espace vert, qui prendrait place sur les terres libérées par le transfert de l’aéroport de Tunis Carthage. Mais c’était sans compter avec la révolution bénie de 2011, et ce qu’elle a engendré comme nouvelle classe politique, et comme nouvelle race de Mafia qui croque à belles dents dans la chair de la Patrie exsangue.

Vive la Tunisie… Vive la Révolution !

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