Tunisie – L’urgence pour Ennahdha de former le prochain gouvernement et sera-t-il confié à Ghannouchi ?

Le parti arrivé en tête des suffrages dans les dernières élections législatives, en l’occurrence Ennahdha, va devoir mettre les bouchées doubles pour accélérer au maximum la formation du prochain gouvernement, car les délais deviennent trop courts, notamment pour faire passer la nouvelle loi de finances qui doit être ratifiée avant la fin du mois de décembre 2019.

La plupart des nouveaux groupes parlementaires avec lesquels, Ennahdha va devoir négocier la formation du prochain gouvernement ont fait savoir qu’ils ont beaucoup de remarques en rapport avec le PLF tel que préparé par l’actuel gouvernement.

Ce qui fait qu’entre la prise de fonction des nouveaux parlementaires à la fin de ce mois et l’obligation de ratifier la loi de finances 2020, qui ne doit pas dépasser la fin du mois prochain, Ennahdha va devoir manœuvrer dans un mouchoir de poche.

Or, paradoxalement, jusqu’à ce jour, Ennahdha n’a pas l’air pas pressée par les délais et n’a toujours pas donné le moindre signe dans le sens des partis avec lesquels elle compte gouverner. Plus encore, Ennahdha semble vouloir prendre tout son temps, car le parti compte attendre la prochaine réunion de son conseil de la Choura qui aura lieu les 19 et 20 octobre. Et ce n’est pas tout ! Le conseil de la Choura va désigner parmi ses membres, une commission interne qui devra mener les négociations avec les autres parties et en même temps établir les grandes lignes de la politique et du programme du prochain gouvernement.

Encore une fois, Ennahdha ne semble pas du tout pressée, car selon son dirigeant Al Harouni, le parti n’a toujours pas tranché concernant l’identité de la personne qu’elle va proposer au poste de chef du gouvernement, qui devrait être, en toute logique, selon Harouni, le président du parti, Rached Ghanouchi, lequel est prévu pour la présidence de l’ARP…

Or, à ce que l’on dit, dans les cercles proches du Bardo, Ghannouchi  pourrait avoir des difficultés à accéder au siège de la présidence du parlement, car il y est considéré comme un élément de tension, même par une partie des siens, et de ses alliés. Ce qui fait que nombreux sont ceux qui pensent qu’il ne fera que bloquer le travail de l’assemblée, car il sera tout le temps discrédité par de nombreux élus. C’est pour cette raison qu’on essaie de le présenter comme possible futur locataire de La Ksabah. Or, il n’a ni la santé, ni le profil, ni l’envie de se retrouver face aux lourds défis de ce poste.

Donc ?

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