Tunisie – Manque à gagner : La STEG ferait mieux de commencer par balayer devant chez elle

La Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz ne cesse ni de crier famine ni de harceler ses abonnés. Elle n’arrête pas non plus de majorer ses tarifs. La STEG s’est même, permis, il y a quelques semaines, de prendre en otage les industriels en leur coupant le jus pour des factures impayées, mettant ainsi au chômage, des dizaines de milliers de salariés et menaçant de faillite autant de foyers.

La STEG a, dernièrement, et depuis l’avènement de la glorieuse « révolution » de 2011, acquis l’habitude de donner un goût d’amertume à ses clients, à chaque occasion de fête, que ces pauvres gens devraient normalement passer dans la joie et l’allégresse. C’est ainsi que la STEG leur gâche leurs fêtes et leurs Aïds, en leur adressant les factures mirobolantes, quelques jours avant, en les harcelant de messages de « dernier avertissement » et en allant même parfois jusqu’à la coupure du courant, en pleine période d’Aïd. Alors qu’avant les autorités leur interdisait strictement d’importuner les gens, durant ces périodes.

La STEG tente bien de se défendre de tels comportements, en se plaignant d’une situation financière désastreuse, à cause des impayés. Mais le détail que la STEG ne révèle jamais, c’est que les plus mauvais payeurs de la compagnie sont les institutions étatiques, alors qu’elle ne se frotte qu’aux privés et aux simples foyers dont les dus ne représentent qu’une goutte dans l’océan des  dettes dont elle se plaint.

Et en parlant d’impayés et de difficultés financières de la STEG, on ne peut pas ne pas se demander comment se fait-il que la compagnie n’ait jamais pensé à demander à ses salariés de payer leur électricité. Car, ce que certains ignorent, peut-être, c’est que les salariés de la STEG et parfois même leurs descendants, bénéficient d’une gratuité totale de leurs consommations. Sur ce chapitre, il parait que l’ardoise n’est pas aussi minime qu’on pourrait l’imaginer. Car ces messieurs-dames de la STEG n’y vont pas de main morte avec la consommation d’énergie, du moment que c’est gratuit !

En effet, le dernier rapport de la cour des comptes publié en décembre dernier, évalue la consommation des salariés de la STEG à 11.330 millions de DT, soit, le triple du volume global de la subvention de l’Etat au secteur des énergies qui est de 3.950 millions de DT. Ce qui a pour conséquence d’aggraver le déficit de la balance énergétique du pays et plus encore, celui de la balance économique globale.

Donc, au lieu de pleurnicher, de faire la victime, de crier à la famine et à la faillite, la STEG ferait mieux de revoir cette question d’avantage octroyé à ses salariés, en l’annulant, puisque tous les tunisiens sont sensés, de par la Constitution, être égaux. La société pourrait, au moins, fixer un quota à chaque salarié, au delà duquel, il devra payer sa consommation.

Par ailleurs, la STEG ne perdrait rien, à faire auditer la compagnie pour revoir son organisation et la productivité de ses équipes et leur façon de travailler. Car il ne suffit pas de plier aux exigences des syndicats et de recruter encore plus d’agents et grever ainsi le budget de la compagnie. En effet, la STEG a, récemment, lancé un concours pour le recrutement de pas moins de 1546 nouveaux salariés entre agents d’exécution et agents de commandement. Qui  payera la facture, à la fin ? Le consommateur lambda, bien évidemment !

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