Politique

Tunisie – Municipales 2018 : Que retenir de ces résultats?

Maintenant que les bureaux de vote ont fermé leurs portes et que les premiers résultats, même  approximatifs, commencent à tomber, il devient possible, d’ores et déjà, de tirer quelques conclusions et enseignements, à partir de ces bribes de résultats.

  • D’abord, et concernant le taux d’abstention record enregistré lors de ce scrutin, il devient, non seulement évident, mais désormais une réalité palpable et même mesurable, que le citoyen est on ne peut plus dégoûté, et dépité de son élite politique, au point qu’il a décidé de sanctionner tout le monde au même titre. Et c’est, là, l’enseignement le plus important, mais aussi, le plus alarmant, des élections de ce dimanche.
  • Nidaa Tounes, malgré sa deuxième place, derrière les islamistes d’Ennahdha, demeure, malgré toutes les crises qui l’ont secouée, la seule force de contrepoids susceptible de tenir tête aux islamistes et de conférer un certain équilibre dans le paysage politique. Un résultat pareil devrait être considéré comme une brillante victoire malgré la deuxième place, et devrait, surtout, susciter un élan général de la part des membres du parti, et surtout de ceux qui l’ont quitté, pour essayer de tirer la leçon et tenter de regrouper leurs forces, pour les prochaines échéances politiques.
  • La première place d’Ennahdha dans les résultats de ce scrutin n’est une surprise pour personne, puisqu’en face d’un abstentionnisme sans précédant, l’électorat d’Ennahdha demeure suffisamment discipliné, et n’est pas prêt à rater la moindre voix. Ce qui permet au parti de profiter du dépit général, en étant assuré de garder un électorat engagé, plus que jamais. Cependant, les 27% devraient donner à réfléchir aux islamistes, mais aussi, à leurs concurrents, car 27% des 30% de votants, est loin de constituer une masse électorale imbattable, bien au contraire !
  • Les scores obtenus par certaines formations politiques vont, théoriquement, leur permettre de mesurer leur réel poids, comme pour Al Harak de Marzouki qui est complètement, ou presque, absent de la scène politique du pays, même dans les régions qu’il considère comme son fief. Il en est de même pour certains autres partis comme le courant démocratique ou le Front Populaire, qui parviennent à peine à marquer une présence plus que discrète dans ce paysage.
  • Les multiples couacs enregistrés ce dimanche au niveau de l’organisation, de la gestion et de la logistique du scrutin, ont permis de pointer de l’index l’incapacité de l’ISIE, dans sa formule actuelle, à conduire ce type d’opération, au risque de provoquer un désastre, en laissant la porte ouverte à des contestations de résultats qui risqueraient de souffler tout le processus démocratique.
  • Une note positive, tout de même, dans cet amalgame de médiocrité, est à donner à la performance des forces de sécurité et de l’armée nationale, qui ont su maîtriser les situations critiques générées, ce dimanche par les insuffisances observées et réussi à sécuriser avec maestria toute l’opération.

En dehors de toutes ces constatations, il reste que la balle est, actuellement, dans le camp des nouveaux élus, qui vont devoir affronter un peuple qui a démontré, ce dimanche qu’il n’est plus facile à duper, et qui va exiger, dorénavant, la mise en application immédiate et réelle, de toutes les promesses électorales… A commencer par la fameuse promesse de couvrir des communes entières par le WIFI et une connexion gratuite. Gageons que le prochain Hashtag qui fleurira sur les réseaux sera « Winou el WIFI ? »

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