Politique

Tunisie – Nidaa Tounes sur le point de quitter le gouvernement et rejoindre l’opposition ?

Tout laisse croire que Nidaa Tounes a l’intention de quitter le gouvernement et de rejoindre l’opposition.

En effet, les déclarations de ses leaders sont sans équivoque. Puisque le porte parole du parti a déclaré, d’un côté, que désormais, Chahed est devenu le chef du gouvernement d’Ennahdha et d’un autre côté, il a ajouté que Nidaa Tounes est en train de chercher à constituer une coalition nationale pour sauver l’Etat de l’effondrement. Ce qui laisse supposer, d’une part, que Nidaa Tounes n’est plus concerné par le gouvernement et d’autre part, qu’il compte regrouper autour de lui, les forces vives du pays, c’est-à-dire l’opposition, pour sauver l’Etat de la mauvaise gestion du chef du gouvernement.

En effet, Nidaa Tounes semble avoir fini par comprendre qu’il ne pourra plus rien tirer du mal nommé consensus avec Ennahdha et que celle-ci est bien décidée à prendre les commandes, comme l’a laissé entendre, plusieurs fois, depuis les dernières élections, le Cheikh Rached Ghannouchi.

Nidaa a, aussi, compris qu’il est en train de perdre son temps et celui du pays, à vouloir trouver un terrain d’entente avec Ennahdha, autour d’un hypothétique accord sur le document de Carthage II, puisque Rached Ghannouchi, qui bloque tout le processus en s’entêtant à ne pas rentrer au pays, ne semble point pressé de revenir à la table des négociations, puisqu’il aurait fait savoir qu’il ne pourrait rentrer avant ce jeudi, c’est-à-dire, la veille de l’Aïd.

De ce fait il se pourrait que l’on assiste, les prochaines heures, au retrait des ministres de Nidaa Tounes du gouvernement de Chahed, ce qui devrait obliger ce dernier à présenter une autre proposition à l’approbation de l’ARP et risque la motion de censure.

Pour reprendre du poil de la bête et redorer son image de sauveur du pays, Nidaa Tounes serait prêt à revoir ses alliances et à récupérer ses « enfants » dispersés sur diverses formations politiques, en plus du projet qu’il nourrit de renforcer cette nouvelle coalition par des figures nationales influentes, ce qui expliquerait l’appel lancé par Borhène Bsaiess à Lotfi Brahem, de rejoindre la barque de Nidaa, vu que Brahem, jouit, actuellement, d’un fort capital sympathie auprès d’une majorité de tunisiens, qui n’ont rien cru à l’histoire rocambolesque du pseudo coup d’Etat qu’il avait l’intention de mener.

Devant ce scénario, la position d’Ennahdha serait intéressante à observer: Est-ce qu’elle serait plutôt tentée de reprendre le chemin du consensus, ou alors de s’entêter sur la même ligne et risquer de trouver Nidaa Tunes en face d’elle dans une confrontation politique, qui risque d’être “ardue”, dans lequel cas, une grande inconnue de la nouvelle équation demeurera décisive pour arbitrer cette confrontation, à savoir, la position de l’UGTT par rapport à tout cela. Est-ce que la centrale syndicale sera fidèle à son esprit nationaliste qui fait prévaloir l’intérêt du pays, avant toute autre chose ? Ce qui semble presqu’évident, puisque, désormais, l’UGTT se trouve dans le collimateur d’Ennahdha qui en fait son ennemi juré, tel que l’a déclaré, pas plus tard qu’aujourd’hui, un responsable nahdhaoui, prétendant que l’UGTT constitue un frein et un obstacle aux grandes réformes voulues par le gouvernement, dictées par les bailleurs de fonds internationaux !

 

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