Tunisie – N’y a-t-il personne pour mettre un terme aux agissements de la fourrière du Lac ?

Il ne se passe pas une semaine, sans que la tristement célèbre fourrière municipale du Lac ne fasse parler d’elle et de ses frasques. Apparemment, tout ce qui a été écrit et diffusé, concernant les agissements irresponsables des agents de cette fourrière, ne leur a fait ni chaud ni froid et surtout, n’a aucunement dérangé l’autorité de tutelle. En effet, la municipalité continue à fermer les yeux sur ces dépassements, de façon sidérante, pour éviter de dire suspecte. C’est cette fourrière qui s’est rendue célèbre en remorquant des voitures avec des bébés à l’intérieur, en renversant une voiture remorquée, en filant à toute allure dans tous les sens, surtout les sens interdits, en semant la panique chez les automobilistes qui fréquentent le quartier du Lac.

Pourtant, pour beaucoup moins que ça, la municipalité de l’Ariana a immédiatement mis un terme aux agissements de sa fourrière en suspendant, tout simplement ses activités, aussi bien au niveau des quartiers d’El Menzah, que celui de la Cité Ennasr. Il s’agit là d’un conseil municipal qui se respecte et qui ne recule devant rien pour rétablir ses électeurs dans leurs droits, ce qui n’est apparemment pas le cas de la municipalité, territorialement compétente dans le quartier du Lac.

C’est plutôt le contraire de ce qui s’est passé à l’Ariana, qui se constate du côté du Lac. Non seulement les remorqueuses continuent leur rodéos incessants, remorquant tout véhicule mal stationné ou qui dépasse un peu les lignes, mais en plus, la municipalité les a doté d’un nouveau système qui leur permet de multiplier indéfiniment leurs bénéfices.

En effet, la fourrière du Lac, en plus de ses remorqueuses, a rempli ses camionnettes de sabots, ce qui leur permet en une seule sortie, de bloquer plusieurs véhicule en même temps. Jusque là, çà pourrait rester dans les limites du légal et du « normal ». Mais là où çà frise l’arnaque, c’est quand cette fourrière immobilise les véhicules avec des sabots rouges. Des sabots qui n’ont rien de particulier, en dehors de la couleur de la peinture dont ils ont été barbouillés à la hâte. Ces entraves sont, selon les tarifs appliqués par cette fourrière, bien plus chers que les jaunes, puisqu’il faut débourser 35 dinars pour se débarrasser d’un sabot rouge, au lieu des 15 dinars prévus par la loi, pour les sabots jaunes, si on en croit les dernières augmentations annoncées par le gouvernement.

Cette mésaventure est arrivée, ce lundi, à un automobiliste qui était mal garé et qui a eu la désagréable surprise de trouver sa voiture immobilisée. Première surprise, le coupon disposé sur son pare-brise ne portait aucun N° de téléphone à contacter ni aucune adresse où  se rendre. Il a dû se renseigner auprès d’anciennes victimes de la fourrière, qui lui ont indiqué l’emplacement.

Arrivé sur place, au moment de payer sa contravention, on lui signifia qu’il devait payer 35 DT au lieu des 15 dinars auxquels il s’attendait. On lui expliqua qu’il avait été immobilisé avec un sabot rouge, donc çà sera plus cher. Quand il a demandé quelle était la différence avec les sabots jaunes et pourquoi on ne lui en a pas mis un de jaune ? Il s’est vu répondre par le préposé, qu’il n’en savait rien et que de toutes les manières, au Lac 2, ils ne disposaient que de sabots rouges. Comme quoi, au quartier du Lac, il n’y a pas que les cafés et autres boissons qui sont plus chers, c’est aussi le cas, pour les services de la fourrière !

Toutefois, la question qui reste lancinante dans cette affaire, c’est le silence et de la complaisance de la municipalité face aux agissements d’une agence qui est, normalement sous contrat avec elle. Surtout quand on a l’exemple et l’antécédent, de la municipalité de l’Ariana. Ce silence devient, dans ces conditions, fortement suspect !

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