Tunisie – On accuse Chahed d’avoir fait pression pour le choix des dates des élections… Pourquoi ?

Plusieurs partis politiques accusent le chef du gouvernement, Youssef Chahed d’avoir fait pression sur l’ISIE pour fixer les dates des élections les 6 octobre et 10 novembre 2019.

En effet, selon ses détracteurs, Youssef Chahed aurait, au cours de l’entretien qu’il a eu avec le tout nouveau président de l’ISIE, Nabil Baffoun le 4 mars courant, mis sur ce dernier toute la pression pour qu’il avance au maximum les dates des élections, aussi bien législatives que présidentielles. Car, selon les dispositions de la Constitution, les élections devaient se dérouler sur la période s’étendant entre le 1er octobre et le 1er décembre 2019. Sachant que les élections se déroulent, généralement un dimanche, cela laissait suffisamment de choix pour l’ISIE, allant du dimanche 6 octobre à celui du 24 novembre.

D’un autre côté, l’ISIE avait besoin d’un maximum de délais pour pouvoir préparer les élections dans les meilleures conditions, notamment, pour prévoir un temps supplémentaire pour les inscriptions des nouveaux électeurs, qui seraient, selon Baffoun, au nombre de 3 millions et aussi, pour pouvoir acheter, dans les règles de l’art, l’encre indélébile, avec toutes les étapes que celà comporte, depuis le lancement de l’appel d’offres internationale, jusqu’à l’achat et la distribution de ce produit dans tous les bureaux de vote.

Donc, en toute logique l’ISIE aurait, plutôt, penché vers une date décalée qui serait le dimanche 27 octobre, d’autant plus que la tradition veut que les élections se déroulent, généralement, les derniers dimanches du mois d’octobre. C’était, d’ailleurs, selon des sources à l’ISIE, le projet initial de l’instance, jusqu’à l’entretien de Baffoun et Chahed du 4 mars.

Mais pourquoi donc Chahed aurait insisté pour avancer les élections au maximum ? Eh bien la raison  est, selon ses détracteurs, simple et logique : En fixant le 6 octobre comme date des élections législatives cela ne laissait guère de temps aux partis qui souhaitent son départ, le temps matériel de préparer un éventuel remaniement gouvernemental et la mise en place du fameux gouvernement d’élections dont on parlait de plus en plus, ces derniers jours.

Sachant que ce remaniement allait, obligatoirement, prendre plusieurs semaines, voire des mois, en pourparlers, transactions et autres bras de fer… Sans oublier, bien sûr, qu’on s’achemine vers une saison « morte », avec le Ramadan et l’été qui arrivent. Ce qui ne pourrait, en aucun cas, favoriser, voire, permettre un remaniement du gouvernement de dernier moment et laisserait Youssef Chahed aborder les élections avec l’avantage d’être en même temps aux commandes de l’Etat.

Si ces accusations, ou suppositions s’avéraient vraies, il faudrait alors reconnaître que Chahed ne s’est pas entourés par des enfants nés de la dernière pluie !

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