Politique

Tunisie: (Photos + vidéo) le contrat social: priorité véritable ou priorité sur papiers ?

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Hier le 11 novembre 2016, a eu lieu à Carthage Thalasso Gammart la Conférence tripartite pour l’adoption du plan d’action pour la mise en œuvre du contrat social.

Cette conférence a été organisée sous le patronage du chef du Gouvernement Youssef Chahed par le ministère des Affaires Sociales en collaboration avec l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Le chef du gouvernement a d’ailleurs été présent en plus de Houcine Abassi, Secrétaire Général de l’UGTT, Peter Van Rooïj, Directeur du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail au Caire, Wided Bouchamaoui, Présidente de l’UTICA et Mohamed Trabelsi, le ministre des affaires sociales.

L’initiative vise essentiellement à relancer le dialogue social en infusant du sang nouveau au contrat social tunisien signé le 14 janvier 2013 entre le gouvernement tunisien, l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) et l’UTICA (l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat).

Malheureusement, comme l’a indiqué M.Abassi, les points de ce contrat n’ont pas été réalisés notamment à cause d’une instabilité politique et une situation économique fragile.

La nécessité de créer un cadre judiciaire engageant les partis à appliquer les termes des accords signés

M.Abassi a indiqué que son honnêteté l’oblige à évoquer les failles et imperfections du contrat. En effet, Il a attiré l’attention sur la non-application des articles du contrat depuis sa signature en 2013 et que ce fait pourrait entacher le sérieux et la véracité du contrat. Par ailleurs, il a appelé à la création d’un cadre judiciaire qui organise minutieusement les négociations sociales et qui engage chacun à appliquer sa part de tout accord dans ses moindres détails.

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Le BIT décidé à accompagner la Tunisie pour concrétiser les priorités et objectifs assignés

De son côté, Peter Van Rooîj, directeur du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail au Caire a rappelé que « la Tunisie est le seul pays de la sous-région à avoir été choisi par le Conseil d’administration du BIT pour faire partie au niveau mondial d’un groupe de pays cibles ». Par ailleurs, il a souligné le décalage entre les progrès réalisés en matière de démocratie et la situation économique davantage détériorée, il l’a exprimé en ces termes : « Si le processus démocratique avance à grand pas faisant l’objet de l’éloge de la communauté internationale, le contexte économique avec une croissance en baisse et une croissance du chômage freinent les attentes des jeunes qui revendiquent plus d’équité, de justice et le droit à un travail décent ». Rooïj  a cependant insisté sur le soutien de la Norvège au dialogue national tunisien, un soutien financier et moral qui a été loué par la présidente de l’UTICA.

Le dialogue : un début de solution

Cette dernière a évoqué les difficultés économiques et politiques qui ont empêché la concrétisation du contrat social, une situation qu’elle regrette. Elle a cependant  affirmé que le dialogue est la seule voie possible susceptible d’aboutir à sortir le pays de sa situation économique difficile. Elle a appelé à approfondir l’étude du projet de la loi de finances, d’agrandir le cercle des participants au dialogue et de favoriser le conseil des spécialistes.

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Pour un dialogue constructif et un accord exhaustif

De son côté, le chef du gouvernement Youssef Chahed a rappelé les axes du dialogue concernant le contrat social à l’instar de l’axe de la croissance économique et du développement régional, celui des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle, les rapports professionnels et le travail décent, la sécurité sociale et le suivi de l’application du contrat. Il a considéré que ces axes traduisent les choix stratégiques nationaux et ses préoccupations. Sur le plan concret, le Chef du Gouvernement a attiré l’attention sur le progrès réalisé dans les négociations au sein des quatre commissions désignées à ce travail, celles-ci tentent d’améliorer le fond du contrat afin de permettre un accord national le concernant, encourager l’investissement dans les régions défavorisées, améliorer l’employabilité et les conditions de travail ainsi que la qualité de la formation figurent au cœur du dialogue.

Conclusions

Bien que tous les partis, le gouvernement, l’UTICA et l’UGTT soient tous alignés concernant la nécessité de poursuivre le dialogue, de l’améliorer et de le mettre en œuvre, le contenu, les délais de réalisation et la manière dont le contrat social doit se concrétiser demeurent des sujets de différends qui trahissent la divergence des points des vue et le décalages entre volonté et moyens.

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