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Tunisie [photos+vidéo]: l’affaire du nouveau-né prématuré décédé à Farhat Hached : la vérité sous un angle différent

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Le 3 février 2017, la mort d’un bébé  né prématurément au 6ème mois n’est pas passée inaperçue. En effet, des rumeurs ont circulés concernant son décès selon lesquelles il a été placé vivant durant 16 heures à la morgue.

Le père originaire de Kalaâ Kebira a expliqué qu’il s’est rendu à l’hôpital pour obtenir le certificat du décès et que là, il a découvert que son fils était vivant malgré les 16 heures passées dans « la chambre des morts ». L’enfant né  3 mois avant l’heure d’une césarienne a fini par rendre l’âme le jour même. Face à la polémique, le chef du Gouvernement a ordonné l’ouverture d’une enquête. Cette dernière vise à déterminer les responsabilités. D’un autre côté, une commission indépendante a été créée par la directrice générale de la Santé à Tunis, Nabiha Bourseli. Cette dernière est formée par des spécialistes de tous les gouvernorats à l’exception de celui de Sousse, afin de préserver l’impartialité et la transparence du dossier.

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A la lumière des premiers éléments de l’enquête, la secrétaire générale du Syndicat des médecins et des pharmaciens Habiba Mizouni a déclaré ce matin qu’il n’y a eu aucune faute d’ordre médicale et que la seule faute était d’ordre éthique. Celle-ci consiste à avoir placé le nourrisson décédé dans un carton avant de le confier au père. Du reste, Docteur Mizouni a affirmé que toute l’équipe médicale a fait le nécessaire, elle a sauvé la vie de la mère qui a eu une grossesse particulièrement compliquée en effectuant la césarienne. Selon une médecin, le bébé de 26 semaines n’aurait en aucun cas pu survivre dans un hôpital ou une clinique faute de moyens. Nous nous ne disposons malheureusement pas de l’équipement nécessaire pour de tels cas. Aussi, en toute logique, comment un bébé né 3 mois prématurément et pesant moins d’un kilo pourrait-il survivre 16 heures dans la morgue ou la température varie entre 2 et 4° ?

Malgré ces données, une jeune résidente en deuxième année pédiatrie a été arrêtée. Selon une source proche de la résidente et qui exerce aussi dans le domaine médical, cette dernière préparé « la réanimation en avance une fois alertée de la césarienne, elle a suivi le protocole a la lettre, effectué la réa pendant 20 minutes et déclaré la mort du bébé qui pesait moins d’un kilo. » Elle ajoute : « sa collègue a fait les vérifications nécessaires et le bébé a était mis dans un box funèbre, conçu en carton. Son père venu le récupérer a remarqué qu’il bougeait, il s’agit du résultat d’une activité cardiaque résiduelle, c’est-à-dire des battements sans contractions qui ne change point les faits, puisqu’il n’y a aucune possibilité de le réanimer. De surcroît, il souffrirait déjà d’une hypotrophie sévère et toute réanimation est inutile puisqu’il n’y a aucune chance de récupérer le bébé ».

Selon elle, l’ignorance du père des faits médicaux et sa rencontre avec certains médias qui cherchent le sensationnel a conduit à la diffusion de fausses informations.

Elle continue : « Ni le directeur de l’hôpital ni le chef service n’ont été convoqués, toutefois, la résidente a été arrêtée pour homicide sur ordre du procureur, sans aucune considération pour sa déposition au poste ni pour les éléments de l’enquête qui l’innocentent. Elle a parfaitement effectué son travail. Elle se trouve actuellement dans un état de choc et qu’elle n’exercera plus la médecine».

Notons enfin qu’une manifestation de soutien à la résidente détenue a eu lieu ce matin devant le tribunal de première instance de Sousse, elle est organisée par OTJM (Organisation tunisienne des Jeunes Médecins) et est toujours en vigueur. Les hospitalo-universitaires ont décrété la grève ouverte au gouvernorat. Les étudiants et professeurs en médecine ont suspendu les cours afin de protester contre l’arrestation arbitraire. A Sfax, Tunis et Monastir, une assemblée générale a eu lieu dans les facultés de médecine de ces régions.

Cette solidarité est aussi à considérer comme un cri collectif de protestation contre la politique générale du pays à toujours faire porter le chapeau aux personnes se trouvant  en bas de l’échelle hiérarchique de leurs domaines respectifs. On offre de nouveau un bouc émissaire à chaque incident, sans jamais réviser tout le système qui comportent des failles innombrables, auxquels chacun doit s’adapter, peu importe les conséquences.

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