Tunisie: Point de presse sur les réformes dans le secteur de l’enseignement supérieur

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Moncef Ben Salem, a annoncé, vendredi 18 février, lors d’un point de presse, que le département vient d’engager une série de réformes urgentes dans le secteur, précisant que le gouvernement actuel ne peut mettre en place des réformes profondes dans une courte période.

“Nous nous sommes engagés à élaborer une constitution et à organiser des élections dans un délai maximum d’un an et demi et nous sommes en train de préparer le terrain pour des réformes profondes qui seront mises en place par le prochain gouvernement”, a-t-il affirmé.

Il s’agit, pour le département, de reconstituer les commissions sectorielles du système LMD (Licence Mastère Doctorat), de présenter des propositions pour mettre à niveau les filières en vue de les adapter aux besoins du marché de l’emploi tout en accordant la priorité aux licences et aux mastères à forte employabilité outre la révision des systèmes d’évaluation et de passage au niveau des licences du système LMD de façon à revaloriser le rôle du cadre enseignant qui doit bénéficier de prérogatives pédagogiques au niveau de l’évaluation et des examens.

M.Ben Salem a souligné que le système LMD a été introduit en Tunisie sans tenir compte des spécificités de l’université tunisienne et des exigences du marché de l’emploi indiquant que c’est un système adopté dans la majorité des pays et il est essentiel de le garder tout en y introduisant quelques modifications.

Le ministère a promulgué le décret relatif au diplôme national de mastère dans le cadre du système LMD et ce, en vue de permettre à la première promotion du mastère session juin 2011 d’avoir un diplôme outre l’adoption du système LMD au niveau du doctorat.

Le ministre a souligné que le texte comporte une série de réformes dont l’élargissement de l’inscription au doctorat pour englober d’autres diplômes nationaux comme celui de l’ingéniorat, architecture, médecine, médecine dentaire, médecine vétérinaire et pharmacie.

Les personnes ayant ce type de diplômes pourront dorénavant s’inscrire en doctorat sans devoir présenter un diplôme de mastère.Concernant l’orientation universitaire, le ministère a décidé de réduire les sessions d’orientation de trois à deux, en vue de raccourcir les délais et améliorer les conditions de la rentrée universitaire, outre la formation de commissions médico-sociales indépendantes pour étudier les dossiers de réorientation universitaire de façon objective et urgente et revoir le calcul des bonifications géographiques.

Le ministre a aussi évoqué les mesures prises en vue d’améliorer le système de recrutement des enseignants de façon à garantir plus de transparence et d’équité.

Ces mesures consistent, notamment, en la facilitation de l’opération d’élection directe des membres des commissions de recrutement et ce, en créant des bureaux électoraux dans les rectorats pour permettre aux enseignants de voter dans le bureau le plus proche de leurs résidences dans l’objectif de garantir une plus grande participation.

Il s’agit, également, de choisir des critères objectifs pour la présentation des dossiers tout en tenant compte des spécificités des différentes spécialités.

Il a indiqué que l’année en cours verra l’ouverture du plus grand nombre de postes d’assistants et de professeurs assistants, soulignant le souci du ministère d’augmenter le taux des professeurs recrutés dans le secteur de l’enseignement supérieur de 52 à 80pc.

“Malgré les difficultés vécues par le pays et le déficit du budget de l’Etat estimé à 6 pc, le ministère a modifié le système boursier, afin d’élargir la base des bénéficiaires et de relever la valeur des bourses”, a indiqué le ministre.

Pour les étudiants en licence, la valeur de la bourse passe de 50 à 60 dinars, avec le maintien des critères sociaux établis sur la base du revenu annuel net des parents (à la place du brut), avec exonération des charges sociales, ce qui est de nature à élargir le nombre des étudiants bénéficiaires des bourses.

La décision est, aussi, de porter à 80 dinars la bourse mensuelle des trois années suivantes, pour les études hors système LMD, soit les études en médecine, ingénierie, architecture, médecine vétérinaire, pharmacie, médecine dentaire et arts et métiers, avec les mêmes critères sociaux.

En outre, les bourses de mastère ont été généralisées, au étudiants en mastère de recherche et mastère professionnel, outre l’attribution d’une bourse mensuelle de 250 dinars sur 12 mois, contre 140 dinars sur dix mois auparavant, et cela pour les trois années d’études, au profit des étudiants en doctorat qui n’ont pas de bourse ni de revenu ou salaire.

Les étudiants blessés de la révolution ou enfants de martyrs recevront une bourse, de même pour les personnes porteuses de handicap lourd.

Les valeurs des prêts universitaires seront alignées sur celles des bourses, sachant que ces prêts sont accordés par les caisses sociales.

Cet effort va permettre à 40 ou 45 pc des étudiants de bénéficier d’une bourse. Le ministère a commencé à recevoir les dossiers de candidature pour l’obtention d’une bourse qui seront examinés dans les plus proches délais.

M. Ben Salem a annoncé l’organisation d’une consultation élargie visant à introduire des réformes dans le secteur, avec la participation de toutes les parties et les structures universitaires, les professeurs, les étudiants, les syndicats, la société civile, les ministères et les instances gouvernementales concernées par l’enseignement supérieur, ainsi que les intervenants dans le marché de l’emploi.

D’autre part, la réforme porte sur le système LMD, la carte universitaire, l’indépendance et la gouvernance de l’université, la qualité de l’enseignement et les filières de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Concernant le port du niqab à l’université tunisienne, le ministre a insisté sur la nécessité pour celle qui le porte de dévoiler son visage à la demande du cadre dirigeant l’établissement universitaire. Il a expliqué que, dans le vide constitutionnel que vit le pays, il n’est pas possible pour le ministère d’intervenir dans une question en relation avec les libertés individuelles.

De son côté, le directeur général des affaires juridiques au ministère, Ali Kabadou, a présenté la position du ministère du point de vue juridique, à propos de la question du niqab à l’université, position qui a été appuyée par le tribunal administratif. Il a ajouté que cette question touche aux libertés individuelles qui sont du ressort de la loi. Le responsable a affirmé que face au vide législatif, le ministre de l’Enseignement supérieur ne peut que superviser les établissements universitaires qui bénéficient, en même temps, de l’autonomie.

Il a, en outre, indiqué que la direction de l’établissement universitaire est la responsabilité des recteurs et doyens qui ont la charge d’organiser la marche des affaires universitaires.

Il a ajouté que les doyens et les directeurs des établissements de l’enseignement supérieur ont de larges prérogatives concernant la question du port du niqab.

Source: TAP

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