Tunisie – Pourquoi certains pensent qu’il est impératif de libérer Nabil Karoui pour donner aux élections une certaine crédibilité ?

Plusieurs voix se sont élevées, ces derniers jours un peu partout, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, demandant la relaxe du candidat à la présidentielle, Nabil Karoui.

Ces voix estiment que le fait d’avoir un des deux candidats au second tour des présidentielles, en état d’arrestation, ôte à ces élections toute crédibilité et pourrait ouvrir la porte à d’interminables et inextricables recours juridiques pour contester les résultats, en cas de victoire de Kaïs Saïed. Certains vont même, jusqu’à assurer que même celui-ci n’a aucun intérêt ni aucun mérite, à gagner des élections face à un concurrent emprisonné et empêché de s’exprimer ou de conduire sa campagne.

Par ailleurs, et selon de nombreuses sources judiciaires, s’il n’y a aucun doute que Nabil Karoui est accusé dans des affaires de malversations financières, à type d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent, il aurait pu être poursuivi dans ces affaires tout en le maintenant en état de liberté, tout en se donnant des garanties à type d’interdiction de quitter le territoire et de gel de ses avoirs.

Les gens qui sont pour la libération, ne serait-ce qu’à titre provisoire, de Nabil Karoui ne sont pas une minorité et appartiennent autant aux groupes qui le soutiennent qu’à ceux qui soutiennent son adversaire aux élections. Tout ce monde insiste pour sa libération pour garantir un climat serein aux élections et, surtout, une crédibilité et une reconnaissance locale et internationale de leur résultats. Chose qui est plus que nécessaire au vu des conditions actuelles du pays.

Ces personnes se basent sur la possibilité judiciaire de libérer Nabil Karoui, même à titre provisoire, sans pour autant arrêter les poursuites à son encontre. Et ce, en laissant à la chambre d’accusation qui avait ordonné son dépôt en prison et dont la constitution vient d’être modifiée, la latitude de le libérer. Sachant qu’il ne serait nullement, le seul dans ce cas, puisque des centaines d’autres personnes poursuivies pour des affaires financières pareilles, le sont tout en étant en état de liberté provisoire. Sachant aussi que généralement, ce genre d’affaires est réglé, en définitive, suite à des négociations avec le trésor de l’Etat qui va infliger des amendes et des réparations financières et qu’il n’est presque jamais question de sanctions de privation de liberté.

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