Tunisie – Pourquoi Ghannouchi ne veut-il pas d’un candidat aux présidentielles de l’intérieur d’Ennahdha ?

Lors de la réunion du conseil de la Choura du parti Ennahdha qui a débuté hier à Hammamet et ayant pour ordre du jour le choix du candidat du parti aux prochaines présidentielles, il a paru évident, dès le départ, que le Cheikh Rached Ghannouchi ne voulait, absolument pas, entendre parler d’un candidat de l’intérieur du parti !

Une position sur laquelle il campe, depuis et qui parait de prime abord insensée, vu la volonté absolue et prioritaire des leaders d’Ennahdha de s’emparer du pouvoir.

Alors, pourquoi le Cheikh tient-il à contrer la candidature d’un membre de son parti ? Et pourquoi ne cesse-t-il pas, jusqu’à cet instant, de faire du lobbying et de pousser vers le choix d’un candidat externe ?

Il semble que le Cheikh a la hantise d’un échec de son candidat aux présidentielles. Depuis le chambardement du calendrier des élections, il lui est devenu inconcevable de risquer de perdre aux présidentielles qui vont se dérouler avant les élections législatives. Car sa crainte est que l’échec du candidat du parti aux présidentielles, pourrait avoir des répercussions sur le scrutin législatif et pourrait entamer les résultats du parti lors de ces élections. Ce qui aurait pour conséquence une perte du contrôle de tous les rouages du pouvoir, alors qu’il vise le siège de la présidence de l’ARP.

Mais, à ce qu’il parait, même en cas de victoire de son candidat, Rached Ghannouchi demeure septique à cette option, car dans cette option, le membre du parti qui va accéder à Carthage, lui volera la vedette au sein du parti et le surclassera dans la hiérarchie, même au niveau national.

C’est pour cette raison que le bureau exécutif du parti, qui demeure acquis à la volonté du Cheikh, s’est empressé, hier, de s’opposer au résultat du vote qui a tranché en faveur du candidat du sein du parti et a sorti cette histoire de l’obligation de recueillir, au moins, 50 voix, soit le tiers des membres de la Choura.

C’est ce qui a déclenché les tensions qu’a connu la réunion d’hier qui s’est achevée en queue de poisson, avec des prises de becs entre les représentants des deux clans du parti.

Malgré cette tension extrême et inédite au sein du parti et malgré le risque que çà dégénère encore plus, mettant en péril la pérennité de la formation, le Cheikh campe toujours sur sa position et son choix. Il est en train de faire du lobbying et de motiver ses troupes, pour avoir gain de cause ! D’autant plus que le résultat du vote d’hier, qui est venu à l’encontre de la volonté du Cheikh, n’avait rien de rassurant pour lui,  soulignant le début de la fin de son emprise sur les membres du parti qu’il trouve de plus en plus hardis, à son goût, depuis quelques temps.

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